Les évêques espagnols réagissent à la maltraitance des enfants

Décret sur la protection des mineurs

Les prélats rédigent un décret, le premier au monde, par lequel ils sont tenus d’agir avec le même protocole face à une plainte.

évêques d'Espagne
Évêques d’Espagne, à Saint-Jacques-de-Compostelle.EFE

Les évêques d’Espagne ont décidé hier de mettre fin à la faiblesse apparente et manque de consensus avec lesquels ils ont répondu aux cas d’abus de mineurs par des hommes et des femmes d’Église. Une tiédeur de groupe qui contrastait déjà trop avec la fermeté avec laquelle certains prélats affrontent la question.

Enfin, et après la commission du Pape François d’élaborer des protocoles d’action pour la défense des maltraités, hier l’Église en Espagne a tellement canalisé la question qu’elle pourrait devenir la première conférence épiscopale au monde à adopter un mode d’action consensuel et obligatoire d’agir en cas de réception d’une plainte de ce type.

L’Assemblée plénière de la Conférence épiscopale espagnole (CEE) a approuvé et décidé d’envoyer à Rome le Décret général sur la protection des mineurs, un texte qui, s’il était approuvé par le Vatican, deviendrait règle impérative pour tous les évêques dans leurs diocèses, ainsi que les prélatures personnelles -cas de l’Opus Dei- et l’Archevêché militaire.

Il est nécessaire de préciser que désormais aucun texte de la Conférence épiscopale espagnole (et de toute conférence épiscopale du monde) n’est obligatoire pour les prélats qui la composent, même s’ils ont été approuvés à la majorité. Chaque évêque est libre de mettre en œuvre ou non ce qui est discuté dans l’organe de représentation ecclésiale maximale, dont les dispositions Ils sont à titre indicatif seulement.

Ce ne sera donc pas le cas du décret maintenant envoyé au Saint-Siège, au cas où Rome conférerait le reconnaissance, je lui ai donné le feu vert, cette circonstance particulière devient un protocole de mise en conformité obligatoire pour tous les prélats, plus ou moins d’accord avec son contenu.

Fondamentalement, le texte se veut un manuel d’instructions sur la manière d’agir concrètement en cas d’abus sexuel contre des mineurs ou des personnes ayant un usage imparfait de la raison. Pour cela, un bureau technique a collecté l’expérience déjà existante sur le territoire national. L’objectif est que les actions de l’Église en Espagne se coordonnent, sont d’égale intensité et les droits des deux parties sont respectés à tout moment, « accompagner les victimes à tout moment dans leur douleur et leur fracture« Ils expliquent depuis la CEE.

S’il est approuvé par Rome, comme cela est prévisible, le décret de la Conférence épiscopale d’Espagne mettra fin au volontarisme actuel, selon lequel, en dernier ressort, une affaire n’est examinée que si le prélat local estime personnellement que des preuves suffisantes sont fournies.

« Idéalement, le texte de la CEE inclurait la création de un organisme indépendant – un juge diocésain ou un enquêteur pour les cas d’abus-, qui traite les cas de manière systématique, sans avoir à compter sur le plcet de l’évêque local. De nombreux cas sont passés à la trappe parce qu’un prélat n’a pas eu suffisamment de sensibilité sur le sujet ou a choisi des voies moins publiques pour résoudre une certaine situation « , conclut le vicaire de la Justice d’un diocèse espagnol qui préfère ne pas être nommé nommément  » jusqu’à ce que nous connaissions le texte spécifique, qui est encore secret. »

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