Le PSOE manoeuvre pour opposer son veto ‘a posteriori’ au fonds Covid approuvé par le Congrès

La Chambre basse approuve l’allocation de 9 362 millions d’euros aux communautés autonomes pour maintenir les mesures contre la pandémie

Le ministre des Finances, Mar
La ministre Mara Jess Montero.PRESSE EUROPE

Le gouvernement a subi ce mercredi une dure défaite au Congrès des députés qui le pousse à débourser 9 362 millions d’euros pour que les communautés autonomes maintiennent les mesures extraordinaires contre la pandémie de Covid-19. Toute l’opposition, à l’exception du PNV, s’est jointe pour approuver en commission du budget un amendement de Junts per Catalunya qui introduit un fonds Covid pour les gouvernements régionaux dans les comptes 2022.

C’est une revendication des autonomies gouvernées à la fois par les socialistes et les populaire, ainsi que les indépendantistes catalans. Il existe un consensus régional sur le fait que ce nouveau fonds Covid est « indispensable ».

Mais le PSOE, qui juge l’amendement « inapplicable », a commencé à manœuvrer ce mercredi pour annuler cette décision par un geste réglementaire. Comme le montant indiqué dans l’amendement est supérieur aux éléments qu’il remplace. Les socialistes considèrent que ce n’est pas valable. Pour cette raison, ils ont demandé un rapport aux avocats du Congrès afin qu’ils « clarifient » s’il peut être exécuté ou s’il est en dehors des dépenses budgétaires.

Par ailleurs, le PSOE pourrait instituer un vote à huis clos et n’imposer que la semaine prochaine un vote en séance plénière de la Chambre basse sur ce texte. C’est-à-dire que c’est une façon d’avoir une seconde chance de gagner le vote.

Données du fonds

L’amendement Junts est allé de l’avant grâce au fait que d’autres partenaires réguliers du gouvernement, comme ERC ou EH Bildu, ont joint leurs voix à celles du PP, Vox, Ciudadanos ou Coalicin Canaria. Le tour des républicains catalans s’explique aussi en ce que l’amendement précisait que sur les 9.362 millions de ce fonds Covid, 1.600 millions correspondent à la Generalitat de Catalua.

Il arrive que les éléments qu’ils ont l’intention de remplacer s’élèvent à un maximum de 8 962 millions, de sorte qu’ils subiront une insuffisance de crédit. Autrement dit, une augmentation supplémentaire des dépenses. Chose que l’exécutif peut opposer son veto. « Mais l’amendement a été adopté deux fois par le Trésor – le second, pour corriger une erreur – et n’a pas opposé son veto », soutiennent-ils dans Junts. « Et maintenant, c’est approuvé », ajoutent-ils.

La danse des nombres est rapidement devenue une bataille juridique. Lors de la dernière réunion du Bureau de la commission parlementaire, le PSOE a tenté de rejeter l’amendement, mais n’a pas pu et s’est joint à la présentation, selon des sources de cet organe.

De plus, comme ce journal l’a appris, les avocats des Cortes ont déjà transmis à Junts per Catalunya que le nouveau poste de dépenses « est exécutoire » et « ne peut être invalidé par le Gouvernement », précisément parce qu’il figure déjà dans le rapport de la présentation des budgets généraux de l’État qui a été approuvé -avec les votes du PSOE et de United We Can, d’ailleurs-.

Les arguments du Trésor

« Les avocats nous ont dit que le seul moyen pour le gouvernement de la faire tomber était de ne pas l’exécuter », dit-il. Myriam Nogueras, porte-parole de JxCat au Congrès. Selon cette version, l’exécutif peut simplement décider de ne pas utiliser les fonds, mais ne peut pas annuler ce qui a été approuvé.

Au ministère des Finances, c’est la stupeur, mais ils sont calmes. Le département dirigé par Mara Jess Montero exclut la création de ce fonds car « il ne peut pas être exécuté ». Des sources ministérielles soulignent qu’il s’agit d’un amendement qui n’aurait pas dû être accepté par les avocats du Congrès des députés en raison d’un crédit insuffisant dans le projet de loi de finances.

Ils expliquent que dans le processus d’amendement pour enregistrer un nouveau parti, un autre doit être supprimé et que les partis d’opposition n’ont pas bien fait techniquement. Ils ironisent sur le fait que si le PP veut remplacer cet article, il votera contre le gouvernement indemnisant les collectivités pour le nouveau système de TVA, malgré la bataille judiciaire gagnée contre le Trésor. Et, en plus, il voterait aussi contre le gouvernement central finançant le règlement négatif de 2020 aux collectivités.

Le coup de ne pas avoir de fonds Covid sera dur pour les gouvernements régionaux, puisque l’Autorité indépendante pour la responsabilité fiscale (Airef) a prévenu que les communautés autonomes devront consolider en 2022 pas moins de 40% des dépenses contre la pandémie.

L’Andalousie, la Communauté valencienne et Castilla y Len ont déjà réservé, en effet, des postes budgétaires pour recevoir des fonds Covid. La Catalogne veut le faire, et Murcie et Castilla-La Mancha ont mené la revendication.

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