Guerre au sein du gouvernement : l’ERC donne la priorité aux « communs » pour approuver les budgets et Junts préférera le PSC

Seul un pacte avec le CUP réglera le schisme de l’exécutif catalan et sauvera la majorité séparatiste

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Argons et Gir parlent au Parlement.EFE

Comme à chaque fois qu’il a une affaire d’une certaine importance, le gouvernement de la Generalitat montre une fois de plus des signes de désunion. C’est arrivé avec l’expansion frustrée de l’aéroport d’El Prat – souhaitée par Junts et rejetée par ERC -, c’est arrivé avec le lancement de la table de négociation avec le gouvernement – à partir de laquelle Aragon Il a fini par expulser ses partenaires – et recommence avec le traitement des budgets catalans.

Le claquement provisoire de la CUP sur les comptes a contraint le Gouvernement à chercher des partenaires alternatifs pour voir son projet de budget approuvé avant la fin de l’année, et ainsi accéder au plus vite aux fonds européens et pouvoir tirer des dépenses dans ces plus de 5 000 millions qui prévoit le croquis conçu par ERC et Junts. Cependant, les deux grandes forces indépendantistes ne sont pas d’accord sur le parti à choisir pour réaliser les budgets au cas où les exigences du CUP seraient inabordables ou que ses bases soient choquées par les nombreuses concessions qu’elles finiraient par obtenir. Il n’y a pas beaucoup de marge pour bloquer les soutiens : lundi 22 prochain, expire le délai pour retirer les amendements dans leur intégralité, ce qui, en cas de succès, ralentira le traitement des comptes.

Aragons a ouvert formellement et unilatéralement des négociations avec le commun, ce qui a réveillé Junts. C’est une décision non consensuelle, selon des sources de la formation dirigée par Carles Puigdemont à ce journal.

Frappant à la porte de la marque catalane de Podemos, le président de la Generalitat et leader de l’ERC retrouve son intention toujours latente d’élargir l’assise de la souveraineté. Aragons aurait déjà souhaité forger un quadripartite dans lequel, outre Junts, la CUP et les communes auraient fait leur apparition, mais les vetos croisés entre les acteurs impliqués l’ont rendu impossible. Il faut aussi rappeler comment le parti de Colau s’est mis d’accord sur les derniers Budgets de la Generalitat – ceux de 2020 – avec Aragons, alors vice-président et ministre de l’Économie.

Bien qu’étant devenu le partenaire privilégié de Pedro SanchezERC ne veut pas conclure d’accords de grande envergure avec le PSC en Catalogne pour deux raisons : les républicains veulent éviter une relation de dépendance excessive vis-à-vis des socialistes et ils ne veulent pas être identifiés comme la première force indépendantiste qui a levé le veto qui pèse sur le parti représenté par Salvador Illa puisqu’il en soutenait 155 ; comme le responsable d’avoir méprisé la majorité des 52 % de voix indépendantistes amassés aux élections catalanes du 14-F. Nous cherchons à élargir la majorité, à ne pas être d’accord avec des partis qui ne partagent pas notre modèle de pays, défend une voix ERC.

Ils ne veulent pas non plus porter ce sanmbenito dans Junts, ce qui ne signifie pas qu’ils ne préfèrent pas le PSC comme partenaire alternatif pour approuver les budgets en cas d’atteinte d’un point de non-retour avec la CUP. La formation présidée par Carles pugidemont évite de prononcer en public les acronymes des socialistes catalans, mais le ministre de l’Économie, Jaume gir, certains de ses conseillers, comme la Justice, Lourdes Ciur -ex du PDeCAT-, et plusieurs de ses députés et postes municipaux considèrent qu’il y a plus de points de coïncidence avec le programme économique du PSC. Durcir la fiscalité et stopper les grands projets comme les Jeux Olympiques est pour nous une ligne rouge, mettent en garde des sources de Junts contre les revendications que défend la CUP et qu’elles pourraient aussi finir par exiger les communs. A terme, Aragons, en tant que président, pourrait toujours être tenu pour responsable d’avoir frappé à la porte du PSC, estiment-ils dans la salle des machines des néoconvergents.

Il a été noté que Junts gouverne déjà, avec les socialistes catalans, la Diputacin de Barcelona, ​​l’entité supramunicipale qui dispose d’un budget de 1 000 millions d’euros, et que, à moins de deux ans des élections municipales, la formation de Puigdemont a besoin de normaliser l’extension de l’ancienne sociovergence. Après sa rupture avec le PDeCAT, Junts a besoin d’alliés pour conquérir les Alcaldas que son ancien partenaire conserve encore.

Compte tenu de leurs divergences, ERC et Junts continuent cependant de privilégier le pacte avec la CUP. Faire en sorte que l’antisystème finisse par approuver les budgets scellera le schisme et soutiendra la majorité séparatiste.

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