Affrontement à l’audience sur la tentative du juge De Prada d’accorder des permis aux membres de l’ETA sans pardonner aux victimes

Le président du tribunal rejette sa thèse. « Il doit y avoir une trace du doute sur ses vrais sentiments »

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José Ricardo de Prada au Congrès.PE
  • Tribune De Prada ouvre la porte pour accorder des permis aux membres de l’ETA qui n’ont pas présenté leurs excuses aux victimes

La Cour nationale a notifié hier une résolution qui remettait en cause la barrière qui sépare des dizaines de prisonniers de l’ETA de l’accès aux permis de sortie. Une ordonnance de la Section qui passe en revue toutes les ressources pénitentiaires convenues avec Gorka Loran Lafourcade et lui accorder l’autorisation que le juge central de surveillance de la prison lui avait refusée.

La résolution a considéré valide une lettre du détenu dans laquelle il déplorait les dommages causés par la bande, mais ne demandait pas le pardon exprès des victimes que le tribunal a exigé pour accorder des permis. L’ordonnance rédigée par le magistrat José Ricardo de Prada Il a fait valoir que cette écriture devrait favoriser sa liberté.

La résolution a également été signée par le président du tribunal, François Xavier Vieiraet le magistrat Maria Fernanda García. Mais à cet arrêté signé lundi, le président a ajouté une autre résolution signée hier : un vote particulier. Le magistrat ne remet pas en cause l’octroi du permis, mais il fait la thèse que cette lettre -et donc celles similaires des autres membres de l’ETA- vaut pour obtenir des avantages.

L’absence dans ce document d’une condamnation explicite de l’organisation terroriste dont le détenu était membre ne permet pas d’affirmer, comme le fait l’ordonnance, qu’elle exprime une position ferme et repentante face à la violence et aux crimes engagée, affirme-t-il.

Contrairement à d’autres membres de l’ETA qui, par le passé, ont montré leur totale dissociation du groupe terroriste et des objectifs qu’il poursuivait, le détenu ne démontre pas par cet écrit la désapprobation totale de l’utilisation du terrorisme comme moyen d’atteindre des objectifs, ajoute-t-il. .

Dans la lettre, qu’il n’a écrite que lorsque le juge de surveillance lui a refusé l’autorisation, le membre de l’ETA a déclaré qu’il ressentait la douleur de toutes les victimes causées par l’ETA. Une douleur et une souffrance que je regrette profondément, disait-il.

Après avoir insisté sur le fait que la loi n’exigeait pas de demande de pardon, De Prada a déclaré qu’une critique positive devait être faite de ce type de lettres, compte tenu de la méfiance avec laquelle elles avaient été reçues.

Contrairement à cette thèse, le président du tribunal affirme qu’il devrait y avoir un enregistrement du doute sur ses véritables sentiments intérieurs qui sont véhiculés par les termes utilisés par le détenu.

Loran Lafourcade a été condamné à 20 ans pour avoir placé des explosifs sur un train qui couvrait le trajet Iran-Madrid. Il lui reste un an et demi à remplir, une donnée appréciée pour accorder la permission.

Le clash entre les deux magistrats autour d’un élément clé pour l’octroi des permis intervient quelques semaines après que De Prada a rejoint, à sa propre demande, le Première section. C’est le tribunal qui détient les permis et les troisièmes diplômes accordés aux détenus de l’ETA.

L’arrivée du magistrat a suscité l’inquiétude des associations de victimes, qui estiment qu’il a toujours été enclin à accepter la thèse des personnes accusées ou déjà condamnées pour terrorisme.

Les premières voitures émises par la section avec la nouvelle composition serviront à fixer les lignes directrices des autorisations accordées ou refusées par le juge de surveillance pénitentiaire.