Le roi émérite peut faire appel de la décision qui lui a refusé l’immunité contre le procès de Corinna

Ses avocats aspirent désormais à rouvrir le processus judiciaire et à reporter de plusieurs semaines la décision finale sur la tenue du procès.

Juan Carlos I, dans une image de 2014.
Juan Carlos I, dans une image de 2014.AFP
  • Justice L’audience sur l’autorisation du roi Juan Carlos de revendiquer son immunité dans le procès pour harcèlement de Corinna a été reportée
  • tribunaux Juan Carlos Ier devant la justice britannique : « Je ne suis pas au-dessus des lois mais je ne réponds qu’à la Cour suprême espagnole »

Le roi émérite Juan Carlos I pourrait encore prolonger sa bataille juridique pour éviter le procès pour harcèlement intenté par son ancienne amie proche Corinna Zu Sayn-Wittgengstein devant les tribunaux britanniques. Juge à la Cour d’appel de Londres Nicolas Underhill Lundi, il a finalement autorisé ses avocats à faire appel de la décision précédente de la Haute Cour qui lui avait refusé l’immunité dans cette affaire.

L’audience qui s’est tenue dans la salle numéro 71 du tribunal, qui avait été reportée d’une semaine, a donc donné du répit au roi émérite. Ses avocats aspirent désormais à rouvrir le processus judiciaire et à reporter de plusieurs semaines la décision finale sur la tenue du procès.

Juge de la Haute Cour Matthieu Nickel avait déterminé en mars dernier que Juan Carlos Ier ne pouvait pas se prévaloir de l’immunité au motif que les actes qui lui sont reprochés se sont produits en sa qualité de « citoyen privé » et ne peuvent être considérés comme des « actes d’État ».

Concrètement, la justice anglaise a jugé en mars dernier que Don Juan Carlos ne pouvait être considéré comme faisant partie de la « maison royale » conformément aux critères établis par la loi sur l’immunité des États (Loi sur l’immunité des États), puisque depuis son retrait de la vie publique, il n’a pas exercé de fonctions royales, constitutionnelles et/ou représentatives ».

D’autres éléments que le magistrat a apportés pour étayer sa thèse est qu’il avait cessé de recevoir « un soutien financier » de Felipe VI et que « depuis août 2020 il vit aux Emirats Arabes Unis ».

Les arguments de Larsen

De son côté, la femme d’affaires de 58 ans soutient dans son procès que le roi émérite l’a harcelée pendant des années après la fin de leur relation (tout en exigeant la restitution des 65 millions d’euros qu’il lui avait donnés). Selon Corinna, l’intimidation a pris la forme d’une « vengeance » pour nuire à son entreprise et d’intimidation contre sa propre maison sur le sol britannique qui a causé de graves dommages à sa santé mentale.

Larsen a poursuivi Juan Carlos de Borbn en décembre 2020 pour être prétendument à l’origine de la surveillance dont il aurait fait l’objet depuis 2012 par les services d’espionnage espagnols. Cette campagne de harcèlement aurait commencé lorsque la femme d’affaires allemande a refusé de rendre à l’émérite les 100 millions de dollars qu’elle a reçus du ministère saoudien des Finances et que le monarque a transférés à son ancien partenaire sentimental. S’appuyant sur le refus de Corinna de remettre les fonds à l’ancien chef de l’Etat espagnol, l’Allemande assure avoir été diffamée par Juan Carlos et harcelée par le CNI.

Corinna demande une compensation au roi émérite pour les soins médicaux, pour l’installation de mesures de haute sécurité dans sa maison et l’embauche de gardes du corps pour sa sécurité personnelle. Si le procès devait se tenir au tournant de l’été, comme prévu, le roi émérite serait dans une situation particulièrement compromise en raison du témoignage de son ancien partenaire sentimental.

Après avoir perdu la première bataille pour défendre l’immunité en mars, avec la décision du juge Matthew Nicklin, les avocats du roi émérite sont toutefois convaincus que la « permission » de faire appel accordée par le juge Nicholas Underhill pourra finalement servir d’instance pour renverser l’affaire. .

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