Le mouvement indépendantiste encourage la théorie selon laquelle le 17-A était un « crime d’État »

Ils appellent les concentrations contre l’Espagne en dehors des actes de commémoration pour les victimes

Image du mémorial placé sur La Rambla pour l'attentat
Image du mémorial placé sur La Rambla pour l’attentatEPE
  • Municipal Musique et fleurs pour se souvenir des victimes de l’attentat de La Rambla cinq ans plus tard

Le cinquième anniversaire des attentats du 17 août 2017 sur La Rambla à Barcelone et Cambrils n’aura pas seulement un volet de mémoire pour les victimes. Plusieurs groupes indépendantistes et plateformes citoyennes dans lesquelles se retrouvent les familles des victimes mortelles du fourgon qui a renversé une dizaine de personnes dans le centre-ville ont réclamé le même mercredi, éphéméride de cet horrible attentat, une concentration devant le siège de la Commission européenne de Barcelone.

L’une des organisations qui apporte son soutien est le Consell per la República dirigé par Carles Puigdemont, le président catalan lorsque les événements ont été commis. L’entité exige de connaître la vérité sur l’attaque ainsi que de mettre fin à l’impunité car il reste encore de nombreuses questions sans réponse. L’État, qui a commis de graves omissions dans la protection de la vie, ne veut plus garantir la vérité aux familles des victimes.

Les organisateurs soutiennent la théorie selon laquelle les attentats étaient un crime d’État puisqu’ils considèrent qu’il existe une relation entre l’imam de Ripoll, Abdelbaki es-Satty, le cerveau derrière les attentats, décédé la veille de ceux-ci dans une explosion à Alcanar, avec le Centre national de renseignement ainsi qu’avec d’autres forces de police. Ils estiment que ce lien n’a jamais été expliqué, ni dans le procès qui s’est tenu à la Haute Cour nationale, ni au parlement, puisqu’une commission d’enquête n’a pas été créée.

De plus, pour nourrir sa thèse, le mouvement indépendantiste s’accroche aux déclarations faites il y a six mois par l’ancien commissaire José Manuel Villarejo lors du premier procès de l’« affaire Tndem » devant la Cour nationale lorsqu’il a assuré que le directeur des services de renseignement de 2017 Flix Sanz Roldn a mal calculé les conséquences pour donner un peu peur à la Catalogne. Il a également ajouté qu’il s’agissait d’une grave erreur et qu’il avait travaillé avec le CNI pour tenter de réparer la fameuse attaque de l’imam de Ripoll.

Les paroles de Villarejo ont provoqué l’indignation du mouvement indépendantiste et même le président de la Generalitat a demandé une enquête sur les relations entre le CNI et l’imam de Ripoll. Si les propos de Villarejo sont vrais, des explications sont désormais nécessaires. Nous savons bien comment fonctionnent les égouts de l’État, c’est pourquoi nous exigeons qu’une enquête soit menée pour clarifier la vérité, a déclaré Aragons.

La plateforme 17-A : Nous exigeons la responsabilité, qui organise la concentration, a envoyé une lettre au Parlement européen en raison de l’absence de réponse de l’État espagnol et de l’inaction de la Generalitat et exige qu’ils somment le gouvernement de purger les responsabilités de leurs propres services secrets, CNI et police, pour éclairer un épisode noir de l’histoire de l’Espagne, qui s’estompe et renvoie aux temps passés, à toute l’Europe.

Dans sa sentence sur les attentats du 17-A, la Cour nationale a assuré que le lien entre l’imam et les services de renseignement alimentait une théorie du complot sans aucun type d’appui factuel en preuves et preuves.

Avant cette concentration, comme chaque année, l’acte de commémoration des victimes aura lieu au Pla de l’s de La Rambla, juste à l’endroit où la camionnette qui a renversé des centaines de personnes sur le 17-A s’est arrêtée. L’événement aura le soutien institutionnel de la Mairie de Barcelone et il y aura une offrande florale et un petit concert. On s’attend à ce que les principales autorités du gouvernement, de la Generalitat et du conseil municipal soient présentes, ainsi que les proches et les victimes de l’attaque. Certains sont allés à La Rambla pour la première fois l’année dernière, à l’occasion du quatrième anniversaire. De leur côté, l’Association catalane des victimes d’organisations terroristes (ACVOT), Politeia et Platform 17-A prennent leurs distances avec l’événement institutionnel, qu’ils jugent politisé, et organisent leur propre hommage aux victimes du terrorisme.

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