Comproms et Podemos imposent la taxe de séjour à Ximo Puig et mettent les hôteliers valenciens en armes

Le président valencien fait preuve de stabilité avec ses septièmes budgets au prix de céder à l’impôt que les socialistes ont rejeté

Ximo Puig embrasse M
Ximo Puig embrasse Mnica Oltra.EFE
  • tourisme Les patrons des hôtels qualifient l’engagement de Comproms et Podemos dans la taxe de séjour d’attitude « inhumaine ».

En plein bouleversement dans le paysage politique espagnol, le président de la Generalitat de Valence, le socialiste Ximo Puig, a réussi à réaliser ses budgets pour 2022. Les septièmes comptes d’un gouvernement de coalition qui intègre le PSOE, Comproms et United We Can . Un jalon, selon l’exécutif valencien, qui revendique ainsi un scénario de stabilité. Désormais, Puig a dû payer un prix politique élevé en échange : laisser libre cours à la nouvelle pince de ses partenaires et rompre l’idylle avec l’employeur autonome CEV.

Les Budgets de la Generalitat – qui avoisinent les 28.000 millions d’euros – ont vu la voie ouverte à leur approbation dans les Cortes grâce à la taxe de séjour. Le PSPV a fini par céder aux pressions de ses partenaires, qui avaient récupéré cette année l’ancienne créance après les changements de Podemos.

L’arrivée au Consell de Hector Illueca en tant que deuxième vice-président et son entente avec le vice-président Monique Oltra a conduit les deux à annoncer conjointement qu’ils voulaient ouvrir le melon de la taxe de séjour que les socialistes avaient toujours refusé.

Et cette fois, la position du parti Puig n’était pas différente dans son principe, puisqu’il était pleinement aligné sur le secteur hôtelier et son employeur, Hosbec, qui rejetait catégoriquement un taux qui pourrait être prélevé sur les séjours dans les établissements touristiques.

Plaintes d’hommes d’affaires

Pas même le responsable du Tourisme de la Generalitat, François Colomer, il était favorable à une mesure similaire, et moins avec le secteur qui n’a pas encore été vaincu par le Covid-19. Par ailleurs, Puig a tenu son congrès de réélection il y a un peu plus d’un mois à Benidorm, précisément pour montrer son soutien à l’industrie du tourisme.

Pourtant, les socialistes ont fini par céder à une approche d’une taxe communale volontaire pour les mairies, qui devrait être prête d’ici 2023. Non seulement Hosbec a crié contre l’annonce, mais aussi le CEV employeur autonome dans lequel il est intégré.

« Le manque de sensibilité avec le secteur démontré par Comproms et Unidas Podemos est maintenant rejoint par celui du PSPV, qui avec la signature de cet accord renie l’engagement du président de la Generalitat, qui a affirmé ne pas partager l’opportunité de cette taxe et a demandé des soutiens et ça noue avec le secteur du tourisme », a dénoncé le CEV, pour qui « il est prévu d’augmenter la pression fiscale sur les citoyens avec le faux prétexte de favoriser un tourisme de qualité ». Une déclaration percutante qui n’a rien à voir avec l’harmonie dont Puig et le président du CEV ont fait preuve ces dernières années, Salvador Navarro.

Contre cette pince Comproms-Unidas Podemos a également mis en garde le PP. Votre président, Carlos Mazn, a déjà annoncé qu’il abrogerait le taux dès qu’il gouvernerait, en même temps qu’il a offert aux socialistes les voix de son groupe parlementaire pour arrêter la future loi au Parlement autonome.

Le taux n’est pas la seule victoire des partenaires de Puig au sein du Conseil. Ils ont déjà réussi à imposer une commission politique pour négocier les budgets de la Generalitat en dehors du ministère des Finances.