Une autre décision ratifie le droit de 2 632 enseignants préretraités à percevoir 275 millions d’indemnités

Un tribunal de Vitoria défigure le gouvernement d’Urkullu pour avoir maintenu en suspens le droit reconnu depuis 2010 que le PSE-EE a cessé de payer en 2012

Des enseignants basques manifestent devant le Parlement pour réclamer le paiement des indemnités perçues dans la loi.
Des enseignants basques manifestent devant le Parlement pour réclamer le paiement des indemnités perçues dans la loi.PRESSE ARABE

Le tribunal contentieux numéro 1 de Vitoria a ratifié le droit de 2 632 enseignants préretraités à recevoir une indemnisation qui, selon les calculs du PNV, dépasse 275 millions d’euros. Une dette colossale accumulée de 2012 à nos jours et que le gouvernement d’Urkullu refuse de payer, alléguant que le droit de la recouvrer a été suspendu lorsque la loi de finances a établi qu’elle ne serait pas payée. « Je déclare le droit consolidé de tous les appelants à percevoir la prime de retraite anticipée », déclare le juge qui prononce la sentence après un nouvel appel gagné par l’association Adostuz qui regroupe la plupart de ces enseignants.

Le calvaire des enseignants en préretraite depuis 2012 touche peut-être à sa fin après près d’une décennie de plaintes devant les institutions, les partis politiques, les tribunaux et dans les manifestations de rue. Les représentants d’Adostuz et les avocats qui conseillent ce grand groupe de professeurs non universitaires détailleront demain, lundi, les conséquences d’une peine qui s’ajoute à d’autres similaires et aux accords parlementaires dans lesquels leur droit de percevoir l’indemnité convenue a été reconnu.

Le différend est né de la Loi de finances de 2012 -la dernière de la législature de Patxi López- lorsque le paiement des indemnités a été suspendu en raison des difficultés économiques que traversait l’exécutif basque. Jusqu’alors, les enseignants préretraités bénéficiaient d’une indemnité allant jusqu’à 19 mois de salaire s’ils quittaient leur activité professionnelle à l’âge de 60 ans. dans une mesure que le gouvernement basque a expliqué dans le cadre d’un processus de renouvellement du personnel enseignant.

Mais les enseignants qui ont pris leur retraite début 2011 ont été les derniers à percevoir une indemnité prévue à l’article 68 de l’Accord réglementant les conditions de travail des enseignants fonctionnaires transformé en décret par l’exécutif basque. La suspension du paiement de ces cotisations n’impliquait pas la perte du droit, comme l’ont défendu les membres d’Adostuz, et comme le souligne la dernière sentence judiciaire sur l’affaire.

« Ce qui est suspendu retrouve toujours son efficaciténe disparaît jamais du monde judiciaire », confirme l’arrêt du 8 juin, qui vient remettre en cause les véritables intentions du gouvernement basque en prolongeant le sursis de paiement de 2012 à nos jours dans ses lois de finances et dans des situations économiques très différentes.

En fait, le magistrat va jusqu’à avertir que le gouvernement basque aurait dû éviter la retraite anticipée de ses enseignants s’il n’avait pas l’intention de verser les indemnités promises. Les enseignants réclament à la fois l’indemnité à laquelle ils ont droit et des intérêts de retard. Le PNV, dans un débat parlementaire en mai 2019, avait déjà établi une estimation de 275 millions d’euros pour ce qui était dû. Un montant qui a augmenté avec la retraite anticipée des enseignants au cours des trois dernières années.