Pedro Snchez conforte son profil européen face aux « difficultés » en Espagne

Le Président du Gouvernement travaille son profil international dans un contexte de crise économique, de heurts avec ses partenaires et d’enquêtes défavorables

Pierre S
Pedro Sánchez participe à un rassemblement à Cuevas de Almanzora, Almera.PSOE

Pedro Snchez a trouvé un répit en Europe. Dans un contexte d’angoisse parlementaire, alors que les socialistes partent du principe que chaque vote Congrès, de polémiques et d’affrontements quasi permanents avec ses partenaires gouvernementaux, United We Can, et de gouvernabilité, les nationalistes, le chef de l’exécutif s’efforce de travailler et d’établir un profil européen, international, où il montre qu’il se sent à l’aise. A cela s’ajoute la crise économique aggravée par la guerre et des sondages peu encourageants. En témoignent la semaine dernière les actes du 40e anniversaire de l’Espagne au sein de l’OTAN, le Conseil européen de Bruxelles ou sa visite à la moldavie.

Face aux difficultés que rencontre l’Exécutif, la gestion européenne de la guerre en Ukraine et de la crise économique et énergétique que subit le continent, ainsi que la tenue du sommet de l’Otan à Madrid à la fin du mois, ont permis Sánchez pour consolider un profil européen qu’il a toujours soigné depuis son arrivée à La Moncloa, mais qu’il a accentué ces derniers mois et qu’il espère culminer avec la présidence espagnole de la Union européenne au second semestre 2023. Une présidence dans laquelle La Moncloa travaille depuis des mois.

Les politiciens expérimentés expliquent que cette présidence de l’UE ne signifiera pas plus de votes pour le PSOE, mais elle permettra à Sánchez de superlativiser ce profil international. L’Europe est notre nouvelle patrie et nous devons revendiquer le patriotisme européen. C’est une identité nouvelle et complémentaire à d’autres comme l’espagnole et la catalane, a défendu Sánchez.

Ces derniers mois, le chef de l’exécutif a intensifié son agenda international. Bon pour les contacts en Europe à la recherche d’une solution à la crise énergétique, réalisant dans un Conseil de l’Europe tendu l’exception ibérique en matière de politique énergétique -bien qu’elle ne soit pas encore entrée en vigueur-. Bon pour ses voyages dans le cadre de la guerre en Ukraine, se rendant même à Kyiv. Eh bien avec des rendez-vous économiques pour essayer d’attirer des investissements en Espagne, comme le Forum de Davos.

Fermer avec Von der Leyen

De La Moncloa, ils estiment que l’Espagne est désormais à l’ordre du jour international en raison de l’évaluation faite de notre pays par d’autres forums, qu’ils soient économiques ou du Commission européenne et qu’avant n’occupait pas cette échelle. L’Espagne est très bien positionnée, nous avons gagné un respect absolu en cherchant des solutions, dénoncent des sources socialistes.

Il y a un fait qui se démarque à la fois dans La Moncloa et dans le PSOE pour montrer la position que Sánchez a travaillé en Europe : la bonne relation qu’il entretient avec Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. Et ce malgré le fait qu’ils soient issus de familles politiques différentes. En fait, il est courant que le gouvernement et le PSOE se réfugient dans les déclarations de Von der Leyen dans lesquelles il met en lumière la gestion économique de l’Espagne et des fonds européens pour désactiver le discours du PP.

Depuis qu’il est au gouvernement, le président a offert son aide à la Commission. Quand un exécutif, au lieu de torpiller des propositions, défend une position et tente de diriger, il est normal qu’il apprécie ce soutien, expliquent des sources socialistes.

Dès le début, Sánchez a fait de la relation avec Bruxelles une priorité. Bien qu’il y ait eu des différences, la norme a été de ne pas critiquer la Commission européenne en public. Ils travaillent en privé, en bilatéral, mais les médias ne sont pas utilisés comme fer de lance.

A cela s’ajoutent, expliquent des sources communautaires, que le chef du Exécutif a toujours cherché à être parmi les premiers à mener des débats ou à fixer des positions. Et rappelez-vous qu’il l’a fait avec la réception du navire Verseau, qui transportait 630 migrants, à accoster en Espagne dans l’une de ses premières décisions après son arrivée à La Moncloa. Bien que ces migrants aient par la suite dénoncé l’abandon et la négligence du gouvernement.

Cette volonté de donner le ton en Europe a même conduit à une alliance avec Pays-Bas en faveur d’un assouplissement des règles budgétaires européennes. Historiquement, les Pays-Bas ont fait partie du groupe bien connu des pays frugal, qui était sa position contre l’aide de l’UE aux pays les plus touchés par le Covid-19, dont l’Espagne.

Depuis son arrivée à La Moncloa, l’agenda international a été très important pour Sánchez. Il voulait lui donner une position de premier plan dès le début : voyages, réunions, rendez-vous bilatéraux… Même si à certaines occasions cela ne s’est pas passé comme prévu, comme par exemple ce qui s’est produit avec la promenade avec Joe Biden. Il y a quelques semaines, dans le LXXII Anniversaire de la Déclaration Schumana proposé un décalogue pour construire une UE plus forte, dotée d’une autonomie stratégique et d’une influence mondiale.

Sánchez prévoit les élections fin 2023, début 2024. Une année au cours de laquelle le mandat de Charles Michel se termine à la présidence de la Conseil européen.