Le PSOE défie l’ERC de renverser les lois sociales pour l’espionnage présumé des séparatistes

Les socialistes estiment que les indépendantistes devraient être tenus responsables dans cette affaire, puisqu’ils seraient dans une position comme celle du PP

Oriol Junqueras, président de l'ERC.
Oriol Junqueras, président de l’ERC.KENZO TRIBOUILLARDAFP
  • Politique Le Gouvernement ne donnera des explications sur la CNI et l’espionnage du mouvement indépendantiste que dans une commission qui n’a pas été constituée depuis trois ans
  • Catalogne Aragons menace maintenant de retirer son soutien parlementaire à Sánchez pour avoir espionné les séparatistes

L’affaire du prétendu espionnage de l’État sur les dirigeants indépendantistes a ouvert sous les pieds du gouvernement et du PSOE les fissures d’un problème qu’ils croient scellé : la Catalogne. La faiblesse parlementaire du gouvernement de coalition -155 sièges sur 350- contraint la gouvernabilité à reposer sur les forces nationalistes qui menacent désormais de retirer leur soutien en l’absence d’explications de l’exécutif.

Les menaces de leurs partenaires tentent d’être temporisées au sein du PSOE. Les socialistes s’étonnent car, par exemple, ERC lie la demande d’explications au soutien parlementaire alors qu’ils s’apprêtent à débattre au Congrès de mesures sociales et économiques de grande envergure et « ils devront justifier pourquoi ils ne les soutiennent pas ».

Des sources socialistes consultées par ce journal soulignent que des mesures liées aux fonds européens ou à des initiatives sociales d’importance seront débattues dans un futur proche, en dehors d’autres sujets comme la loi sur l’audiovisuel ou la loi sur la mémoire historique, qui seront le « levier » socio-économique du pays. pour les années à venir et, estiment-ils, il sera difficile de s’expliquer en s’y opposant. Ils estiment qu’ils devraient être tenus responsables, puisqu’ils seraient dans une position comme celle du PP, de rejeter des mesures avec une acceptation sociale.

Les socialistes se sont installés dans une législature de « négociation par négociation », « au jour le jour », mais les sources consultées indiquent qu’ils ne renoncent pas à leur feuille de route malgré les menaces de leurs partenaires de retirer leur soutien : « Nous allons continuer présentant des initiatives et avec la dynamique d’obtenir le maximum de soutiens possibles ». Et ils mettent au défi des partis comme ERC de ne pas cautionner la coalition : « Ils doivent l’expliquer à leurs électeurs à tout moment ».

« Si les responsabilités ne sont pas assumées, il sera très difficile pour la stabilité parlementaire de perdurer. Le soutien de l’ERC au PSOE est déjà extrêmement endommagé. L’ERC devra débattre pour savoir s’il faut continuer comme avant ou changer, et je suis favorable à la la relation n’étant pas la même », était l’avis lancé ce mercredi par Pere Aragons, leader de l’ERC et président de la Généralité de Catalogne.

Plus sobre a été Oriol Junqueras, président de l’ERC, qui considère que malgré la gravité de l’espionnage présumé, le mouvement indépendantiste « ne donnera pas le drapeau de la négociation au gouvernement, qui ne le mérite pas ». Selon lui, ce serait « une erreur stratégique de première ampleur qu’au moment où le mouvement indépendantiste a plus de capital politique, parce que nous sommes victimes d’espionnage d’Etat, nous donnions le drapeau de la négociation ».

Face au malaise en ERC, le Gouvernement maintient l’espoir que la situation puisse être réorientée. En effet, ils considèrent que la proposition de fournir des explications sur la CNI et l’utilisation présumée du programme d’espionnage Pegasus dans une commission du Congrès qui n’a même pas été mise en place en raison du blocus des partis suppose « d’envoyer un signal au gouvernement catalan ». « Il y a une volonté de parler, mais où peut-on le faire ? On ne peut pas sortir de la légalité. »

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