Bruxelles, sur le voyage de Sánchez à Kiev : « Il n’a pas besoin de notre permission »

Ils préviennent le président du gouvernement que la situation « est toujours instable », alors que l’UE renforce son soutien militaire à l’Ukraine

Zelenski, rencontre avec les Premiers ministres de Pologne, Slovénie et Rép.
Zelenski, rencontrant les Premiers ministres de Pologne, de Slovénie et de République tchèque, le 15 mars.EFE
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Le président du gouvernement, Pedro Snchez, se joint à l’offensive européenne pour exprimer son soutien au gouvernement ukrainien. Le chef de l’exécutif se rendra prochainement à Kiev. Et cela coïncide avec le début de la nouvelle phase de la guerre : la bataille pour le Donbs. Depuis Bruxelles Ils avertissent cependant que la situation en Ukraine continue d’être très instable et rappellent qu’elle se poursuit sous les attaques russes. Mais des sources européennes consultées par ce journal rappellent qu’il est de la responsabilité de chaque pays d’établir les conditions de sécurité que comportent des missions de ce type.

Dans la capitale communautaire, ils évitent de valoriser le voyage de Sánchez et soulignent que les dirigeants n’ont pas besoin de l’autorisation de Bruxelles pour mener à bien ces missions. Il y a déjà eu plus de visites et il est parfaitement légitime que les dirigeants des États membres manifestent leur soutien à l’Ukraine par leur présence physique à Kiev, soulignent-ils. LE MONDE.

Ils étaient les premiers ministres de Pologne, Slovénie Oui République Tchèque ceux qui ont ouvert la voie à une visite surprise qui a soulevé la poussière dans les couloirs bruxellois. Les trois dirigeants de l’exécutif ont effectué la visite le 15 mars, alors que la capitale était encore assiégée par les troupes russes. Une visite coordonnée qui a mis en lumière la solitude du quatrième cavalier du groupe de visgrad: Hongrie. Le gouvernement de Victor Orbnle dirigeant le plus pro-russe du UEs’est imposé comme le plus grand défenseur de Moscou à la table du Conseil européen menaçant de bloquer toute sanction qui resserrerait la clôture contre le pétrole ou le gaz russe.

Bruxelles a précisé que cette visite ne s’est pas effectuée sous le drapeau des 12 étoiles. La double priorité du front occidental a été, depuis le début de l’invasion russe, d’armer l’armée ukrainienne et d’isoler la Russie pour en faire un État paria sur le plan économique, diplomatique ou culturel, mais en évitant toujours d’entrer en mêlée militaire avec Russie. Et pour cela il y a deux lignes rouges : il n’y aura pas de soldats de la coalition internationale sur le sol ukrainien et pas de zone d’exclusion aérienne.

Avec le retrait de l’armée russe dans le nord du pays et son apparent changement de stratégie, les rendez-vous pour serrer la main au héros national reconverti, le président ukrainien, Volodimir Zelenski, n’ont cessé de se succéder.

Dans les couloirs de Bruxelles on reconnaît la surprise autour de la résistance ukrainienne dans toutes ses artères : au niveau civil, au niveau de la direction, mais surtout au niveau militaire. Et cela a été la vitamine pour continuer à envoyer plus de matériel militaire à Kiev, qui, pour la première fois depuis le début de la guerre, dispose déjà d’armes offensives et lourdes, telles que des chars. L’OTAN se félicite que ce soutien actuel, mais aussi la formation qu’elle a dispensée à l’armée ukrainienne depuis 2014, soit l’une des grandes incitations qui ont provoqué le retrait russe de la périphérie de la capitale.

L’Espagne a été exclue de l’appel de Biden hier avec d’autres dirigeants

Avec des eaux plus calmes sur ce front, les présidents de la Pologne, Lituanie, Estonie Oui Lettonie ont fait leur traversée vers Kiev la semaine dernière. Tout comme le Premier ministre britannique, Boris Johnson, ou la chancelière autrichienne, Karl Newhammer, qui quelques heures plus tard est devenu le premier dirigeant européen à être reçu par Poutine depuis le début de l’invasion. Avec un résultat aussi prévisible que peu optimiste : les pourparlers vers un cessez-le-feu solide et durable sont très froids.

Aussi Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenneet Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne, se sont récemment rendus à Kiev, et en train -le moyen le plus sûr-, pour mettre en scène le soutien européen à ceux de Zelensky, qui, bien qu’ils aient montré leur gratitude pour les mesures européennes, se méfient d’un réponse qu’ils jugent tardive et insuffisante.

C’est dans cette offensive occidentale coordonnée de part et d’autre de l’Atlantique que l’Espagne cherche sa place. Hier, le président américain Joe Biden a de nouveau mené un appel téléphonique avec le Premier ministre canadien Justin Trudeau ; la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen ; le président français, Emmanuel Macron ; le chancelier allemand, Olaf Scholz ; Secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberget le Premier ministre britannique Boris Johnson, ainsi que les dirigeants polonais, Japon et Italie. Mais comme dans tous les précédents, le président Sánchez a été exclu.

Bruxelles prépare déjà le sixième paquet de mesures punitives contre Poutine, qui pourrait pour la première fois inclure le pétrole, l’un des grands revenus du kremlin.

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