Un bon nombre de forces estiment qu’il sera possible d’organiser un plan juridique qui entrera en vigueur à partir de mai
Le président du gouvernement assiste demain à l’hémicycle pour expliquer la situation de la pandémie en Espagne et ses dérivés économiques ainsi que l’état d’avancement du plan de vaccination et tout cela dans la perspective de la fin de l’état d’alerte le 9 mai. Pedro Snchez sera confronté à un bloc très majoritaire de groupes parlementaires qui réclamera une alternative permettant aux territoires d’adopter les mesures appropriées pour faire face à la pandémie sans avoir à recourir à l’exception constitutionnelle et sans être laissé à la discrétion différente des tribunaux de justice. .
Cette position est largement partagée par les forces parlementaires, y compris celles qui ont voté en faveur de toutes les prolongations du premier état d’alerte et de l’activation du second, qui s’achève maintenant, pour une période de six mois. Mme Pas, Bildu, Comproms, PdeCat, Vox, PP, Ciudadanos, ERC …, la liste de ceux qui exigeront un plan B du gouvernement s’est considérablement allongée.
La majorité des porte-parole parlementaires ont exprimé leur surprise du fait qu’un mois après la fin de l’état d’alarme, le président du gouvernement «se risque désormais» à écarter une prolongation de celui-ci mais ne propose aucune alternative qui évite » chaos « le lendemain.
Bon nombre de forces estiment qu’il sera possible d’organiser un plan juridique qui entrera en vigueur le 10 mai et ajoutent que, si le gouvernement le conçoit, il devrait le rendre explicite dès que possible afin que la LACC et les groupes politiques pourraient y apporter leur contribution de manière à ce qu’il soit approuvé par un large consensus.
Tous sont conscients qu’avec la loi en vigueur, il est possible de déclencher l’alarme par territoires afin que les présidents régionaux puissent demander, si nécessaire, le décret d’un état d’alerte uniquement pour leur communauté. Cependant, ils estiment que la chose raisonnable à faire pour éviter à nouveau la confusion des citoyens et les difficultés que pour de nombreux secteurs économiques impliqueraient de dessiner une carte parsemée d’îles restreintes, est d’établir un «parapluie juridique alternatif» à l’exception constitutionnelle.
En ce sens, les groupes s’associent à la commodité, exprimée par le Conseil d’État, que l’Exécutif procède à renforcer, développer et préciser la loi organique des Mesures Spéciales de Santé Publique afin qu’elle offre le cadre d’action approprié en l’absence de état d’alarme.
Les groupes sont déjà très bouleversés par l’opacité du gouvernement non seulement par rapport à ce qui se passera dans un mois lorsque l’état d’alerte s’atténuera, mais aussi par le manque de transparence sur le plan de relance économique dont le Conseil des ministres discute déjà. . et les réformes qu’elle envisage de mener.
Comproms considère que « la chose la plus raisonnable » serait de convoquer immédiatement une Conférence des Présidents pour évaluer la situation après la Semaine Sainte et élaborer un plan commun suffisamment solide pour empêcher les tribunaux de renverser les mesures restrictives prises par les communautés sur la base de la situation de leurs territoires.
Vox insiste pour rejeter une extension de l’état d’alerte considérant que le gouvernement « ne peut pas protéger les citoyens comme s’ils étaient de petits enfants ». « Nous sommes contre l’état d’alarme », insiste Ivn Espinosa de los Monteros pour qui « l’Espagne ne peut pas s’arrêter malgré le fait qu’il est beaucoup plus confortable pour les politiciens de garder les citoyens enfermés chez eux ». Tant pour Vox que pour le PP, il sera « inconcevable » une nouvelle extension de l’état d’alerte du fait que le gouvernement a refusé de promouvoir des réformes juridiques.
Pour Bildu, la fin de l’état d’alarme génère « une grande inquiétude ». La formation nationale, comme l’explique son porte-parole Mertxe Aizpura, appelle à un «parapluie juridique afin que l’ACSC puisse adopter les mesures nécessaires pour lutter contre la pandémie». « Demain », a averti Aizpura, « nous demanderons à Sanchez: une alternative légale convenue avec l’ACSC et les groupes du Congrès. »
Dans le cas où le président rejetterait cette solution, de l’avis de Bildu, il serait « obligé » de prolonger l’état d’alarme. Cependant, pour le groupe Abertzale, «cela devrait être la dernière option». Bildu exigera demain que toutes les mesures économiques liées à l’alarme restent en vigueur même si elle décline.
Mme Pas pour sa part se déclare « étonnée » que Sanchez apparaisse demain et « personne ne sait ce qu’il va dire et de quoi il va discuter ». Son porte-parole, Igo Errejn, parie également que Sanchez apportera à la Chambre une alternative à l’état d’alarme. Mme Pas a soutenu tous les états d’alerte mais préfère désormais que l’exécutif « sponsorise un accord alternatif avec toutes les communautés autonomes ».
Le PP, pour sa part, exhorte Snchez à cesser de gouverner dans une situation aussi délicate que l’actuelle « basée uniquement sur son intérêt électoral et non sur ses responsabilités ». Les populaires insistent sur le fait que les Espagnols sont embourbés dans «l’incertitude et le chaos», une situation qui va s’aggraver, préviennent-ils, après le 9 mai et à l’égard de laquelle le gouvernement «n’a rien fait». Le PP rappelle désormais la responsabilité de l’Exécutif et aussi celle de tous les groupes qui ont décidé à l’époque de rejeter la prise en compte de l’initiative qui proposait de développer des lois organiques et ordinaires pour alimenter l’état d’alerte.
