Moreno et Feijo signent un pacte minimum dans le financement territorial et se mobilisent contre les « privilèges » à la Catalogne

Les présidents d’Andalousie et de Galice s’accordent sur une formule intermédiaire qui prend en compte la population, mais avec une « évaluation spécifique » des dépenses de santé

Juanma Moreno et Alberto N
Juanma Moreno et Alberto Nez Feijo s’embrassent à la porte du palais San Telmo ce vendredi.PRESSE EUROPE
  • Réunion Feijo et Moreno tentent de fixer des minimums parmi les communautés PP sur le financement autonome

« Ce qui appartient à tout le monde est partagé entre tout le monde et partagé à la même table. » La phrase, du président de la Galice, Alberto Nez Feijo, résume l’axe de la accord minimum que, en termes de financement territorial, le président galicien et son homologue andalou, Juanma Moreno, sont parvenus ce vendredi dans le cadre de la première rencontre bilatérale entre les deux communautés qui s’est tenue au Palais San Telmo à Séville.

En plein débat sur la réforme du modèle de financement autonome et avec l’Andalousie et la Galice clairement situées sur deux fronts avec des positions très éloignées sur les critères qui doivent prévaloir lors de la distribution des fonds, l’objectif de la rencontre était d’estomper ces différences et sceller une alliance basée sur ce que les deux communautés partagent. Et cette base est le rejet de dialogue bilatéral que le gouvernement de Pedro Sánchez entretient avec des territoires comme la Catalogne.

L’Andalousie continue de défendre que le critère qui devrait prévaloir dans la conception d’une nouvelle formule de financement des communautés est celui de la population et la Galice que des facteurs tels que le vieillissement de la population ou les dépenses réelles de services doivent être pris en compte. L’accord signé par les deux présidents recherche un équilibre difficile, afin que la correction des déficits de financement actuels soit exigée, que des services « équitables » soient garantis à tous les Espagnols et, conformément aux revendications galiciennes, qu’ils soient pris en compte. Prise en compte des dépenses de santé spécifiques.

L’inclusion de cette allégation peut être considérée comme l’un des gestes que les deux gouvernements et les deux présidents ont échangé pour se satisfaire et laisser au second plan les différences évidentes qui continuent d’exister. L’Andalousie soutient ainsi l’une des principales revendications de Feijo et il reconnaît l’importance du critère de la population et, dans cette veine, a répété à maintes reprises et à la satisfaction de Moreno, que l’Andalou est « la communauté la plus importante au monde. L’Espagne « parce qu’elle est la plus peuplée.

Le document traverse sur la pointe des pieds l’élément central de la controverse dans le débat ouvert sur le financement de la réforme et met l’accent sur la défense de l’égalité de toutes les communautés autonomes. Ou, ce qui revient au même, dans le rejet de la négociation bilatérale entre La Moncloa et la Generalitat, que le président andalou a appelée, sans ambiguïté, la « privilèges » de Catalogne.

Moreno et Nez Feijo insistent sur la déclaration institutionnelle par laquelle ils ont scellé leur rencontre que la réforme du système de financement autonome est le résultat de la « consensus respectueux des demandes légitimes de toutes les communautés  » et ils demandent que la révision du modèle soit déjà abordée dans les  » organes multilatéraux correspondants « , en faisant avant tout allusion au Conseil de politique budgétaire et financière.

Lors de la comparution publique à l’issue de la réunion, le président galicien a souligné qu’il ne s’agissait pas du financement de 17 territoires, mais de « 47 millions d’Espagnols », en même temps qu’il a exigé que la « boîte commune » soit répartie entre tous et a rejeté tout soupçon de bilatéralité.

Multilatéralisme, égalité et équité sont les mantras répétés par les deux présidents du PP qui, cependant, et selon Feijo a insisté, ne se sont pas rencontrés aussi compagnons de fête ni d’établir une ligne d’action commune au sein de leur formation. En effet, le président galicien rencontrera ce mois-ci sept autres présidents régionaux – également du PSOE et des régionalistes – avec lesquels il partage sa revendication de critères de répartition des fonds autres que ceux de la population, et Moreno n’a pas été invité à ce forum.

Selon Nez Feijo, il n’est pas nécessaire car « nous nous sommes déjà rencontrés aujourd’hui » pour sceller une alliance qui ne perturbe pas les plans du gouvernement andalou avec ses alliés valenciens et murciens pour articuler un front de communautés surtout victimes par le système actuel alors qu’il rassemble un tiers de la population espagnole.

Dans ce front commun, au-delà des différences de critères de répartition, le président de la Junta de Andaluca a assuré que cette communauté sera « une barrage de retenue afin qu’il n’y ait pas de privilèges de certaines communautés sur d’autres ».

De même, il a rappelé que le modèle actuel est « obsolète » et dépassé par une réalité qui a notablement changé, avec plus de dépenses de santé et d’éducation et avec une population plus âgée.

Pour toutes ces raisons, il est non seulement nécessaire de reformuler le système par répartition, mais aussi de doter la caisse de plus d’argent, quelque chose dans lequel il s’est mis d’accord avec le président galicien, qui a précisé qu’entre 40 et 42% des dépenses moyennes des communautés sont destinées à la santé.

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