Marlaska soutient les rencontres de Bildu avec les directeurs des prisons basques et n’exclut pas de nouveaux transferts de l’ETA

Le ministre de l’Intérieur défend qu’il s’agit de mesures « individualisées » après avoir facilité le rapprochement de 201 membres de l’ETA en trois ans

Le vice-président Erkoreka et la ministre Grande-Marlaska lors d'une rencontre
Le vice-président Erkoreka et la ministre Grande-Marlaska lors d’une réunion à Vitoria.

Le ministre de l’intérieur Fernando Grande Marlaska a évité préciser dans quels termes se déroulent les réunions des représentants d’EH Bildu avec les directeurs des prisons du Pays Basque dans lequel ils purgent déjà leur peine cinquante prisonniers de l’ETA. Marlaska a confirmé des rendez-vous comme celui tenu par le parlementaire Julen Arzuaga et le député Jon Iarritu avec le directeur de la prison de Basauri en juin dernier mais sans préciser ce qui se négocie dans ces rendez-vous discrets. Le ministre a conservé son Le ministère se conforme dans « toute son intégrité et sa portée » la loi pénitentiaire générale sans exclure de nouveaux transferts de détenus déjà incarcérés près du Pays basque.

Marlaska s’en est tenu à l’application de la loi pénitentiaire générale « dix ans après la défaite de l’ETA » pour laisser en suspens ce qui se passe avec un processus organisé par son ministère qui a déjà été positivement valorisé par des groupes de soutien aux détenus comme Sare ou Etxerat. « Nous ne faisons qu’une pure application de la loi », a-t-il répondu à chaque fois qu’il a été interrogé sur ces transferts après qu’il a été annoncé vendredi dernier que sept autres détenus seraient conduits dans les prisons basques ou leurs environs, Iaki Bilbao, auteur du meurtre du conseiller socialiste Juan Priède.

Le ministre n’a pas non plus voulu expliquer si, comme le demandent des partis et des associations comme EH Bildu, dans les semaines à venir une révision des grades pénitentiaires appliqués aux membres de l’ETA sera activée. Une fois de plus, la réponse du ministre a été de transférer cette décision aux commissions de traitement pénitentiaire et aux juges et procureurs chargés de veiller au respect des peines.

Le ministre a d’ailleurs évité de répondre aux accusations portées par l’Association des victimes du terrorisme et a ensuite de dénoncer le « droit » car, selon lui, il « utilise le terrorisme de manière inappropriée et impertinente ».

Le ministre de l’Intérieur s’est rendu au Pays basque pour participer à la présentation du premier volume d’un ouvrage historiographique sur le terrorisme intitulé « Histoire et mémoire du terrorisme au Pays basque ». La publication est le résultat de quatre années de travail qui ont commencé en 2015, avec l’approbation par le conseil d’administration du Centre commémoratif du premier projet promu par celui-ci pour la réalisation d’une étude rigoureuse et de la méthodologie historique sur le terrorisme dans le pays basque. L’Institut Foronda a mené cette recherche avec 26 000 documents En fichiers pdf, plus de 2000 minutes de conseils municipaux liés à des attentats ou des actes terroristes dans différentes villes basques, et 40 entretiens en support audiovisuel avec des victimes, des témoins et des protagonistes.

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