L’intérieur a renvoyé des immigrants mineurs au Maroc sans savoir qui étaient leurs familles ni où ils se trouvaient

Le procureur soutient que les rapatriements auraient dû être effectués conformément à la loi sur les étrangers et non par le biais d’un accord entre Rabat et Madrid

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Le ministre de l’Intérieur hier en compagnie de son homologue du Trésor. EFE / MaréchalMARÉCHALEFE

Les rapatriements de mineurs vers Maroc depuis Ceuta Ils ont ajouté un plus de gravité à des faits déjà délicats pour s’être produits hors la loi aux mains de la Délégation du Gouvernement à Ceuta, selon le Parquet, et avec la bénédiction du ministre de l’Intérieurqui à aucun moment ne s’est inquiété de la procédure à suivre mais y est intervenu avec des instructions précises sur lesquelles se fondait l’arrêté de retour.

Segn la vicepresidenta del Gobierno de Ceuta, Espaa expuls a los menores que saltaron la valla en 2021 -lo hicieron en el apogeo de la mayor crisis diplomtica con Rabat de los ltimos aos- sin saber quines eran sus familias ni adnde iban a ir una vez hors de Espagne.

Ceci est indiqué dans la déclaration de Maria Isabel Deu, imputé pour tergiversations dans le procès, devant le ministère public en décembre dernier. Je ne sais pas quelles étaient les familles d’origine, a-t-il indiqué.

Dans la même comparution, il précise qu’il n’a jamais eu accès à la documentation bien qu’il l’ait demandée. Ses appréciations sont d’une grande pertinence puisque, avec le délégué du Gouvernement Salvadora Mateos -également chargé- était la personne qui a rendu l’appareil possible.

La stratégie était sous la supervision de l’Intérieur, qui, indique le résumé, a été rapidement informé de ce qui se passait et a conçu les étapes à suivre, même si c’est finalement Mateos qui a donné l’ordre, puisque les délégations gouvernementales ont compétence exclusive dans cette affaire. « Sur instruction du ministre, le retour est exécuté », indique un mail envoyé par l’Intérieur à Ceuta.

Deu s’est rendu dans les centres où se trouvaient les adolescents pour les informer qu’ils retournaient au Maroc. Mateos a signé le décret après avoir été, comme il l’a dit, en contact quotidien et permanent avec le ministère dirigé par Fernando Grande-Marlaska. En théorie, les enfants renvoyés devraient être ceux qui n’étaient pas en situation de vulnérabilité dans leur pays d’origine.

Quant aux détails de la situation familiale des adolescents, Deu et Mateos l’ont laissé entre les mains des ONG. Ils ont localisé (les responsables des ONG) les proches des mineurs et les ont interrogés pour déterminer leur vulnérabilité, a-t-il déclaré devant le Parquet. Cependant, il a admis qu’il n’avait jamais été au courant de l’issue de cette procédure.

La vice-présidente locale, de même, a fait un exercice de confiance aveugle au Maroc ces jours-ci et l’a ainsi fait savoir dans son apparence. Il a dit qu’il ne doutait pas de la compétence et de la capacité du Maroc à réunir les mineurs avec leurs familles.

Le procureur soutient que les rapatriements auraient dû être effectués conformément à la loi sur les étrangers et non par le biais d’un accord entre l’Espagne et le Maroc, qui est la voie choisie par le gouvernement pour éloigner les adolescents. C’était l’ONG Association pour le développement intégral L’ Escola AC qui a dénoncé les faits qui font actuellement l’objet d’une enquête par un juge.

Salvadora et Deu sont convoqués pour témoigner devant le juge d’instruction le 7 septembre. Alors vas y Réseau espagnol d’aide à l’immigration et aux réfugiésqui, avec la précédente, est une accusation populaire dans l’affaire, a annoncé qu’il demanderait à l’instructeur d’appeler le ministre comme témoin.

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