Les victimes de l’ETA tiennent tête au gouvernement pour sa politique d’approche des prisonniers

Une dizaine d’associations, critiquant la gestion des détenus, n’assisteront pas à l’hommage au Congrès

Le ministre de l'intérieur, Fernando Grande-Marlaska, lors d'une cérémonie tenue ce mi
Le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, lors d’une cérémonie qui s’est tenue ce mercredi à Madrid.Image de balise Juan Carlos HidalgoEFE
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le Congrès célébrer ce dimanche, un an de plus, son acte d’hommage aux victimes du terrorisme. Mais la grande majorité d’entre eux n’y assistent pas. Car la grande majorité des associations ont décliné l’invitation du Congrès. Car la grande majorité de ceux qui représentent les victimes veulent afficher leur censure sur la dynamique pénitentiaire de l’Exécutif et veulent éviter de se photographier avec le Gouvernement.

A ce titre, une dizaine de ces associations ont déjà annoncé qu’elles n’assisteraient pas à cet hommage, auquel participeront des représentants des hautes institutions de l’Etat, des membres du Gouvernement y assisteront (avec son président et son chef de l’Intérieur) et ils seront également des représentants des groupes parlementaires. Cette année encore, le député sera présent Jon Iarritu, par Bildu. Mais les dirigeants d’associations très représentatives et avec un plus grand nombre d’associés ne seront pas là.

Concrètement, selon les sources des victimes, elles ne participeront pas : AVT, DyJ, Coviter, Fondation Luis Portero, Fondation Jimnez Becerril, Association Catalane des Victimes du Terrorisme, Fondation Miguel Ngel Blanco, Association des forces de sécurité de l’État et des organismes victimes du terrorisme, Association d’aide 11-M, Association Andalouse Victimes du Terrorisme, Association canarienne des victimes du terrorisme et la Plateforme des amis des victimes.

La gestion assurée par le ministre de l’Intérieur avec les prisonniers de l’ETA est à la base du refus des victimes d’assister à cet événement.

Si certains avaient encore des doutes quant à leur présence ou non à cet événement, le fait que Fernando Grande-Marlaska ait approuvé les dernières démarches et progressions de grade à l’ETA le jour même où le gouvernement accorde la grâce aux personnes condamnées pour procs, a dissipé tous ses doutes. Le comportement du ministère de l’Intérieur a été insupportable, souligne-t-il Daniel Gardien de but, Président de Dignité et justice et l’un des plus critiques de la dynamique pénitentiaire de l’exécutif avec les prisonniers de l’ETA. Faire correspondre les approches et les grâces a été une imposture pour les victimes, dit Portero, qui confirme son intention de ne pas assister à l’événement.

Carmen Calvo, avec la porte-parole de Bildu au Congrès, Mertxe Aizpurua, en septembre 2020.
Carmen Calvo, avec la porte-parole de Bildu au Congrès, Mertxe Aizpurua, en septembre 2020.Diego Radam

Issu des rangs de l’AVT, son président Maite Araluce, j’ai annoncé qu’ils n’assisteraient pas à l’hommage. Cette association a participé à l’appel jusqu’à l’année dernière. Ils entendent convoquer un acte en parallèle et en même temps en dehors du Congrès auquel Vox assiste, pour ne pas aller à l’institutionnel. Ils dénoncent dans l’AVT que le gouvernement a franchi toutes les lignes rouges avec le leadership politique qu’il a donné aux héritiers de l’ETA. Ils accusent Pedro Snchez d’échanger un soutien politique aux prisonniers. Et ils dénoncent que les approches et progressions hebdomadaires vers les terroristes sont une humiliation pour les victimes. Ils se souviennent de la solidarité et du soutien du Premier ministre, Pedro Sánchez, après le suicide d’un ETA en prison. Les victimes du terrorisme, pour la plupart, sont très critiques vis-à-vis des dynamiques de rapprochement et de progression de grade vers les membres de l’ETA. Principalement parce qu’ils considèrent qu’il y a beaucoup d’ombres sur le comportement des détenus eux-mêmes et à cause du manque de soutien de l’intérieur de leurs commissions de traitement pénitentiaire.

Et ils portent les affaires devant les tribunaux. C’est le cas de Dignidad y Justicia, qui a réussi à ce que la Cour supérieure de justice de Madrid J’ai lancé un ultimtum à l’Intérieur pour remettre les dossiers des membres de l’ETA qui ont assassiné Louis Gardien de but.

De la Cour nationale, le Chambre criminelle Il a déjà émis ses doutes sur la crédibilité des lettres de repentir que brandissent les détenus de l’ETA pour prétendre aux allocations pénitentiaires. Il dénonce que les textes ne sont pas une rupture avec les postulats terroristes, mais une tentative de justification pour des raisons politiques dans la ligne de la discipline du gang. De plus, elle met en garde contre une instrumentalisation du pardon de manière utilitaire pour l’octroi d’allocations pénitentiaires. Des rangs politiques, on voit aussi que les partis n’enverront pas leurs premières épées. Le PP sera représenté par le porte-parole Cuca Gamarra.

Depuis l’arrivée de Pedro Sánchez au gouvernement, 240 démarches ont été approuvées, correspondant à 197 membres de l’ETA. 63 ont été transférés dans les prisons du pays Basque ou alors Navarre.