Le pari de Ximo Puig : des blocs autonomes hors Etat

La Fédération socialiste de Valence apporte à son congrès une présentation qui prône plus de coopération entre les régions autonomes

Réunion d'affaires des quatre territoires de l'ancienne couronne d'Arag
Réunion d’affaires des quatre territoires de l’ancienne couronne d’Aragon.JAVIER CEBOLLADAEFE
  • Politique Ximo Puig porte sa campagne contre Madrid au congrès du PSOE pour demander des organisations publiques en dehors de la capitale

Saragosse accueillie il y a quelques jours sommet d’affaires des quatre territoires de l’ancienne Couronne d’Aragon, c’est-à-dire les Aragon, Catalogne, Baléares et Communauté Valencienne. Un rendez-vous de style que les présidents de région n’ont pas manqué (seul le Catalan Pere Aragons a été effacé, inhabituel dans ce type de rencontre multilatérale).

La rencontre patronale n’avait pas seulement pour but d’intensifier les relations et de revendiquer le potentiel économique d’une région – au-delà Madrid– avec des liens historiques et des intérêts communs, mais sert plutôt à comprendre la dernière approche du président valencien, le socialiste Ximo Puig, dans son engagement pour le fédéralisme : les blocs autonomes en dehors de l’État.

C’est ce qui met sur la table la présentation politique qui marque le congrès que les socialistes valenciens tiendront en novembre pour réélire Puig comme secrétaire général. Le document s’engage à une plus grande coopération formelle entre les communautés autonomes extérieures à l’État, c’est-à-dire sans être subordonnées à son pouvoir central ou sans en dépendre.

« Nous croyons à la nécessité d’une coopération entre les communautés autonomes surmontant les fausses croyances, encore assez répandues, que la coopération horizontale peuvent créer des blocages forts au niveau autonome qui mettent en danger l’unité de l’État ou la croyance que ces types de relations affaiblissent l’autonomie des communautés autonomes », lit-on dans le texte. Et ajoute : « La vérité est que les relations fortes entre les communautés favoriser le fonctionnement efficace et harmonieux de l’Etat ».

La constitution de ces blocs va en effet au-delà, par exemple, de la formation actuelle de fronts autonomes pour disputer la bataille pour la réforme du financement autonome. D’un côté, communautés sous-financées, dirigé précisément par Ximo Puig ; d’un autre, ceux de la soi-disant Espagne vidée qui dirige le populaire Alberto Nez Feijo.

Mais pour contextualiser l’idée de la présentation de la fédération socialiste valencienne, il ne faut pas oublier que c’est Puig qui a inventé celle de la « Méditerranée du Commonwealth ». Une proposition d’union des régions méditerranéennes ou, si vous préférez, une alliance catalano-valencienne qui sert en réalité de contrepoids au pouvoir central de Madrid.

Selon le PP, l’idée devient un euphémisme pour ne pas parler clairement de Marches Catalanes. Pour reprendre les mots de la grange socialiste lui-même, l’objectif est de pouvoir opposer au centralisme madrilène cette « Espagne périphérique » et alternative avec des intérêts communs tels que le Couloir méditerranéen, qui ne cesse d’être en pratique l’antithèse de l’Espagne radiale – avec Madrid pour origine et destination – en matière ferroviaire.

Maintenant, au-delà de la rhétorique, le président de la généralité valencienne Cette collaboration horizontale a été mise en pratique au niveau autonome. Il est important dans le cas d’une coopération avec Catalogne, car cela a été convenu il y a quelques mois seulement après la visite de Aragon à Valence, en ce qui a signifié le dégel entre les deux communautés et la reprise des relations institutionnelles entre les deux gouvernements après avoir tourné le dos au cours du procs. Lors du sommet bilatéral, il a été convenu de créer des groupes de travail stables sur certaines questions (fonds européens…).

L’engagement aux alliances régionales coexiste précisément dans la présentation du PSPV-PSOE avec la critique de la L’effet capital madrilène. Puig le dénonce depuis longtemps comme étant préjudiciable au reste des communautés autonomes, en favorisant le supposé dumping fiscal. « L’Administration centrale la renforce par une dynamique polarisante du pouvoir et de l’activité économique, en concentrant les Secteur public de l’État dans son intégralité », selon le libellé de la présentation politique.

Et, comme cela a été introduit dans la présentation du cadre du PSOE, dans celle des socialistes valenciens, les références à la nécessité de déconcentrer les organisations publiques qui sont aujourd’hui majoritairement situées à Madrid ne manquent pas.

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