Sánchez discute avec Biden d’une solution négociée à la crise avec le Maroc

L’Espagne pense que si elle cède maintenant à Shara, Rabat revendiquera plus tard Ceuta et Melilla

Commandants marocains et américains dans les exercices
Commandants marocains et américains dans les exercices Africa Lion, le 11 juin.AFP
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La crise diplomatique avec le Maroc a une ligne rouge qui est la Chara occidentale. L’Espagne ne changera pas son refus de reconnaître la souveraineté du royaume d’Alau sur ce territoire. Il peut être lu comme un exercice de cohérence ou de nostalgie d’une enclave qui était jusqu’en 1975 une province espagnole et sur laquelle, bien que la revendication d’un référendum sur l’indépendance ait été abandonnée, la proposition d’une solution juste et négociée pour les deux parties en conflit. Mais la réalité est beaucoup plus prosaïque. C’est un mécanisme de défense.

Même de loin, le gouvernement n’envisage pas de céder aux pressions de Rabat, malgré le fait qu’il y a des voix en Espagne pour demander de revoir cette position et que les relations avec le Maroc sont à l’un de leurs pires moments, précisément parce qu’ils rejettent la marocanité de la chara. . Jusqu’à deux sources exécutives ont avoué à ce journal que s’ils parviennent finalement à annexer ce territoire, la prochaine étape sera Ceuta Oui Melilla. Le Premier ministre marocain lui-même, Saad Edinl’Othman, le révélait il y a quelques mois : Le jour viendra où nous allons rouvrir le dossier de Ceuta et Melilla, territoires marocains comme Shara.

Cette certitude empêche tout changement et pour qu’il soit absolument clair que Pedro Sánchez s’est rendu à Ceuta et Melilla, lorsque le Maroc a jeté à la mer des milliers de Marocains, dont des jeunes et des enfants, en représailles contre le gouvernement, conscient que cette visite irriterait davantage le gouvernement. . Mohamed VI.

L’Espagne s’est heurtée à un nouveau problème lorsque, le 10 décembre 2019, Trump a admis que la Shara faisait partie du Maroc, en échange de la monarchie d’Alau pour rétablir les relations avec Israël. Cette même semaine, un porte-parole du secrétaire d’État américain, Antoine Blinken, Il a nié que Joe Biden encourage une politique de continuité avec Shara et a avancé qu’il consultait en privé les parties sur la meilleure façon de mettre un terme à la violence et d’un accord durable. Parmi ces partis figure, bien entendu, l’Espagne en tant que puissance administrante.

Des sources gouvernementales confirment que des contacts sur la Shara ont eu lieu et que l’Exécutif a fait passer le message que ce conflit devrait passer par les Nations Unies, qui n’ont pas encore nommé de représentant de la MINURSO (Mission des Nations Unies pour la Shara Western). L’Espagne n’a pas seulement vu un changement dans la position américaine, mais c’est une tentative de contenir le Maroc, qui fait pression sur les États-Unis avec un avis favorable, selon les sources consultées.

Ce frein aux aspirations de Rabat par les États-Unis intervient juste avant la rencontre que tiendra lundi Joe Biden avec Pedro Sánchez au sommet de l’Otan à Bruxelles. En principe, il ne s’agit que d’un premier contact, une occasion de se connaître personnellement. Il n’y a aucune confirmation qu’ils parleront de la Shara. Mais ce même jour, il sera annoncé que l’Espagne accueillera le sommet de l’OTAN 2022, un rendez-vous spécial dans l’histoire de l’Alliance atlantique car il s’agit d’une réunion extraordinaire au cours de laquelle les défis pour les années à venir seront définis. Un geste favorable à notre pays.

L’Espagne tente de surmonter la crise avec son voisin du sud avec beaucoup de retenue, malgré les critiques incessantes de Rabat. Vendredi, lors de son dernier jour au Costa Rica, Pedro Sánchez a exhorté les deux pays à regarder vers l’avenir. Il y a bien plus de choses qui nous unissent que celles qui nous séparent. Mais la crise est toujours ouverte. Moncloa défend cette baisse mais suppose qu’il faut être patient.