Les séquelles du 17-A cinq ans après : « Vous avez tué et ça reste là, même si c’était un jihadiste avec des explosifs »

Les agents Mossos qui ont abattu les terroristes sont considérés comme des victimes pour les dommages psychologiques

Robert Manrique (à gauche), de l'Unité d'Attention
Robert Manrique (à gauche), de l’Unité d’attention aux personnes touchées par le terrorisme, et Carlos Andrs Valencia, écrasé au 17-A sur La Rambla. GORKA LOINAZGorka LoinazPRESSE ARABE
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Les cicatrices nous rappellent que la douleur est là, endormie peut-être, mais latente. Les monuments et les hommages nous aident à affronter ensemble le deuil, mais le problème c’est quand il se transforme en culpabilité et vous empêche de continuer. C’est le nombre de personnes qui se trouvaient à proximité de La Rambla l’après-midi de 17 août 2017 lorsque l’attaque jihadiste a eu lieu mais qui n’en ont connu les conséquences, principalement psychologiques, que bien plus tard. Des problèmes tels que l’anxiété, l’insomnie ou l’incapacité de sortir sont fréquents chez des centaines de personnes qui n’apparaissent pas dans le jugement, mais apparaissent dans le résumé judiciaire des attentats.

Le conseiller de la Unité d’attention et d’évaluation des personnes touchées par le terrorisme (UAVAT). Robert Manriqueexplique à LE MONDE que les attaques de Barcelone Oui Cambrils laissés par les proches des victimes décédées, ainsi que des blessures physiques et/ou psychologiques, qui totalisent plus d’une centaine reconnues par la ministre de l’Intérieur, bien que la sentence les ait portés à environ 350, tous identifiés. Cependant, de nouvelles continuent d’apparaître presque coïncidant avec des actes d’hommage aux victimes.

Lors de l’événement cette année, organisé mercredi par le Mairie de Barcelonepour assister une famille allemande qui a été blessée lors de l’attentat et qui a reçu une aide dans son pays, mais qui était inconnue de Espagne, il n’apparaît donc dans aucune liste. C’est pourquoi Manrique appelle le gouvernement à prolonger le mandat actuel du ministère pour pouvoir demander à être reconnu comme victime d’un attentat terroriste, qui est d’un an, et a donné comme exemple le cas d’une femme de Madrid blessée sur La Rambla, puisqu’elle faisait du tourisme, et qu’elle a été admise dans les hôpitaux de Barcelone et de sa ville pour se rétablir. Elle a demandé l’aide en 2019 lorsqu’elle s’est rendu compte, lors d’un acte du 11-M, qu’elle avait vécu la même chose et que le gouvernement l’a rejetée pour être hors délai.

Les victimes sont les grands oubliés, résume Manrique, qui pose pour EL MUNDO avec Carlos Andrs Valencia, qui était à La Ramba cet après-midi-là il y a cinq ans. La camionnette que conduisait le terroriste, quelques mètres seulement avant de freiner, a percuté un dernier kiosque et une partie de la structure est tombée sur Carlos. Une victime reconnue, mais l’UAVAT recherche 123 personnes qui figurent comme visées dans le référé judiciaire de la Haute Cour nationale des attentats mais qui ne figurent pas dans la peine de 2021. Par ailleurs, elle assure que sur les 350 victimes reconnues par la Au tribunal, plus de 50 sont introuvables, comme une Argentine qui s’est cassé le bassin et dont le bilan de santé n’apparaît pas ou une famille française pour laquelle il n’existe aucun document non plus malgré le fait qu’elle ait été soignée.

« Beaucoup étaient des touristes et sont retournés dans leur pays, où ils ont été soignés, même s’ils peuvent subir des séquelles physiques ou mentales », dit Manrique, qui déshonore le gouvernement qui n’est pas chargé de rechercher les victimes pour leur rappeler leurs droits et être reconnu : « Il y a beaucoup de manque de contrôle et pas de match nul, ils sont abandonnés à leur sort ». Il regrette également que le Ministère n’ait indemnisé qu’un tiers des victimes « cinq ans plus tard » et qu’il y ait beaucoup d’insouciance, puisqu’un garçon de 20 mois blessé avec de nombreuses fractures a été indemnisé de 3.500 euros et qu’ils n’ont pas inquiété sur les « suites ultérieures possibles ». De plus, l’UAVAT revendique la Généralité une législation autonome qui garantit des ressources aux victimes.

pas de police

Pour la Generalitat, nous sommes des héros, mais ils nous ont laissés de côté, explique Albert Palacio, porte-parole du syndicat Mossos d’Esquadra USPAC, qui représente de nombreux agents blessés lors des attentats et qui souffrent encore aujourd’hui des séquelles de ces événements.

Des procédures ont déjà commencé pour que certains de ceux qui ont tiré sur les djihadistes (cinq tués à Cambrils et un de plus à Subirats, l’auteur des attentats de La Rambla), soient considérés comme des victimes du terrorisme par l’État, en raison des conséquences qu’ils souffrir Vous avez dans la tête ce que vous avez tué et qui y restera toujours, peu importe à quel point vous avez fait votre devoir et vous êtes exposé à quelqu’un qui l’a menacé avec une ceinture d’explosifs. Ils ont du mal à s’en souvenir, comme maintenant que cela fait cinq ans. Lorsque le procès a lieu ou qu’un anniversaire arrive, ils ont tendance à se souvenir de ce qui s’est passé et ont à nouveau besoin d’aide, explique le porte-parole du syndicat, ajoutant que des problèmes psychologiques affectent même leurs familles.

Il y a quelques mois, après cinq ans de plaintes écrites du syndicat, le Département de l’intérieur de la Generalitat a décerné la médaille d’or avec un insigne rouge à l’agent qui a tué quatre terroristes à Cambrils. Que Mosso est dans une situation de longue maladie, loin de l’activité policière en raison de l’impact psychologique de son action. De plus, l’USPAC exige la même distinction pour les agents qui ont tué le dernier djihadiste à Subirats, tout en enlaidissant la Generalitat en la remettant aux chefs de commissariat ou de préfecture qui ont dirigé le dispositif et n’étaient pas proches des événements. .

L’un de ces agents Subirats a demandé un changement d’affectation, car il vivait dans une petite ville et l’impact mental l’a affecté, lui et sa famille. L’administration a démenti, selon le syndicat. Ils n’ont pas été choyés. Et le 17-A n’est pas oublié.

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