Les juges censurent une affiche sur l’égalité placée dans une gare de Palma pour « s’être livrée à des sujets faux et injustes »

L’affiche montre un juge s’adressant à une femme avec un bras en écharpe et disant « Comment puis-je croire que votre mari vous maltraite si vous êtes en vie !! »

Le Pol
L’affiche controversée placée dans la gare de Palma par le ministère de l’Égalité.TWITTER
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L’Association professionnelle de la magistrature, l’Association judiciaire Francisco de Vitoria, les juges pour la démocratie et le Forum judiciaire indépendant ont censuré ce mardi une affiche qui a été placée dans la gare intermodale de Paume soutenu par le Ministère de l’égalité et d’autres institutions régionales pour, selon lui, « se livrer à des stéréotypes et clichés faux, ridicules et injustes ».

Cela a été dénoncé par les juges dans un communiqué dans lequel « rejeter fermement une telle campagne » qui a été promu par le ministère de l’Égalité, le Pacte d’État contre la violence de genre, l’Institut des Baléares pour les femmes et le ministre de la Présidence, de la Fonction publique et de l’Égalité du gouvernement des îles Baléares.

Selon la déclaration, l’affiche montre un juge qui s’adresse à une femme avec un bras en écharpe et dit « Comment puis-je croire que votre mari vous maltraite si vous êtes en vie !! ».

Les juges dénoncent que cette banderole est « contre-productive » par rapport à la finalité qu’elle devrait poursuivre puisqu’elle « dissuade toute femme victime d’abus de se décider à porter plainte ».

En ce sens, les organisations de magistrats assurent travailler « qu’ils soient femmes ou hommes très dur et dans des conditions pas toujours idéales, pour tenter de prendre en charge les victimes de violences sexistes ».

Ils s’assurent également que le dessin projette un fausse image de la réalitépuisque trois juges sur quatre des violences faites aux femmes sont des femmes (selon le rapport annuel 2021 du CGPJ).

Ainsi, elles considèrent que l’investissement consenti par les organisations pour lutter contre les violences faites aux femmes « serait bien mieux utilisé s’il était consacré à doter les Cours et Tribunaux qui connaissent de cette matière de moyens matériels et personnels plus importants, ainsi que d’investissements dans l’éducation à l’égalité et les ressources d’assistance aux victimes, au lieu d’affiches diffamatoires et de plaintes décourageantes ».

Enfin, les magistrats critiquent le fait que ce n’est pas la première fois qu’une campagne similaire est menée et ils citent l’exemple d’AMairie d’Oviedo qui en 2019 a promu l’une des mêmes fonctionnalités. « Il est irresponsable que les institutions publiques encouragent ce type de message », dit-il.

Pour sa part, la ministre de la justice, Pilar Llop, a censuré l’image « injuste » des juges qui a été montrée dans l’exposition. « Mon rejet énergique d’une image injuste de juges qui luttent au quotidien contre les violences sexistes, montrée, dans l’exposition à l’Inter Modal de Palma, ‘Petits gests amb importncia’, aux Baléares », écrit-il dans un message sur son Profil Twitter, collecté par Europa Press.

Le porte-parole national de Ciudadanos s’est également joint à la condamnation, Edmond Ball, qui a qualifié « d’innommable » que le gouvernement se joigne à une campagne pour « discréditer » les juges « avec des insultes comme ça ».

« La justice est un pilier crucial dans la lutte contre les violences de genre et c’est très grave d’envoyer ce message de peur aux femmes victimes. Nous allons demander des explications », a ajouté Bal dans un tweet.