Le procureur s’oppose au dépôt du « dossier Ghali » revendiqué par le procureur de la République

Le ministère public demande de ratifier la position du juge et légitime les accusations populaires pour continuer avec la cause

Déclaration
Déclaration d’Arancha Gonzlez Laya, le 4 octobre.EM

Le procureur a abandonné ce lundi le rôle passif qu’il a exercé dans l’enquête sur l’arrivée en Espagne du leader du front Polisario Brahim ghali avec une écriture concise et percutante dans laquelle il se démarque des critères du procureur de la République.

Le ministère public se place à l’extrême inverse en ne se montrant pas favorable au dépôt de la procédure telle qu’elle est poursuivie par la représentation de l’ancienne ministre des Affaires étrangères Arancha Gonzlez Laya, instruite dans l’affaire.

Par ailleurs, le procureur non seulement désapprouve la révocation soulevée par l’avocat, mais valide également les arguments du magistrat Rafael Lasala, qui insiste sur la nécessité de continuer à enquêter sur les circonstances de l’arrivée « particulière » du leader historique sahraoui.

Fiscal Juan Pablo Fraj il conteste l’appel lorsque l’avocat a demandé le dossier, et il le fait « dans l’intérêt – il précise – que l’ordonnance du juge d’appel (par l’avocat) soit confirmée en ses motifs ». C’est-à-dire qu’il demande de ratifier le document avec lequel l’instructeur a nié le licenciement et dans lequel, entre autres, il a accusé le gouvernement d' »une violation frontale » du règlement Schengen avec l’entrée de Brahim Ghali.

Le procureur légitime également les accusations populaires, que l’avocat de Gonzlez Laya voulait écarter en ne les reconnaissant pas. Il considère que les canaux de la personnification étaient corrects car, précise-t-il, « toutes les conditions nécessaires » étaient remplies. Fraj ne soutient pas non plus l’obligation de 150 000 euros qui intéresse l’avocat au cas où les avocats Antonio Urdiales et Juan Carlos Navarro se poursuivra dans la procédure.

Le procureur réagit

L’avocate a toujours soutenu qu’ils n’étaient pas une partie lésée et, de fait, l’ancienne ministre des Affaires étrangères a refusé de répondre à ses questions lorsqu’elle est allée témoigner le 4 octobre. Enfin, le procureur rejette la demande de sanction pour violation de secrets que l’avocat a appréciée par l’une des accusations populaires, comprenant, indique-t-il, « qu’elle ne compromet pas l’enquête ».

Avec ce poste, le procureur de Saragosse laisse derrière lui ses quelques interventions dans les interrogatoires et ses absences dans nombre d’entre eux. La position mise en place par le ministère public répond à la demande du tribunal provincial de Saragosse de statuer sur la demande de l’avocat de clore l’enquête.

L’avocate s’est adressée directement à la Cour lorsqu’elle a appris à l’avance, comme le souligne son mémoire, la position du juge Lasala et les possibilités nulles que l’appel prospérerait en réforme.

« Ces requêtes – a-t-il rappelé dans son appel – ont été réitérées au début des déclarations faites le 13 septembre (…) sa Dame (sic) a verbalement prévu qu’elles allaient être rejetées et a annoncé que tout appel qui en son temps a été déposé à cet égard, c’est pourquoi il se saisit directement de cet appel. »

Le prochain à déclarer

Avant que le procureur ne se prononce contre le critère de l’avocat, l’accusation populaire portée par Antonio Urdiales demandait l’abstention du procureur général de l’État, Dolores Delgado, dans ce qui est déjà connu sous le nom de Affaire Ghali. L’objectif, reflété dans ses écrits, est « de rendre sans effet les ordres ou instructions qu’il a pu donner à son procureur général de Saragosse et qu’il s’abstiendra à l’avenir ».

Mis à part les éléments judiciaires externes, l’enquête sur l’entrée de Ghali en Espagne se poursuit, désormais avec l’aval du ministère public, et sera réactivée le 29 novembre avec les anciens chefs de cabinet de Carmen Calvo, Isabelle Valldecabres, et Fernando Grande-Marlaska, Susana Cristomos, qui siégeront devant le magistrat comme témoins. Sa comparution était prévue pour lundi, mais des problèmes techniques l’ont empêché.

Lasala cite Valldecabres d’après le diplomate et numéro deux par Gonzlez Laya, Camilo Villarino (également accusé), veillerait à l’appeler au nom de son patron pour savoir si Ghali entrerait en Espagne deux jours avant son arrivée à Saragosse.

L’appel

« Il m’appelle au téléphone et me dit : ‘Camilo, est-il vrai que la possibilité que Brahim Ghali vienne en Espagne est envisagée ?’ En ces termes, tel quel, et toute son intervention dans cette affaire se réduit à cet appel, qui lui demande de faire faire son patron pour savoir si c’est vrai. Je réponds que je ne sais pas », a-t-il révélé.

A ce moment, le magistrat est intervenu. « De quel ministère ce chef d’état-major vous appelait-il, du ministère de la Défense ? — Non, non, non, reprit Villarino, celui du premier vice-président du gouvernement. Le diplomate a tenu à préciser à l’instructeur qu’Isabel Valldecabres n’était plus intervenue. « Plus tard, je n’ai plus entendu parler de cette affaire, ce n’était ni de l’art ni une partie de celle-ci (…) il m’a appelé, disons-le ainsi, à titre personnel. »

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