Le leader du Front Polisario a réussi à regagner le pays maghrébin après une journée de confusion maximale au cours de laquelle deux avions ont dû être envoyés sur le continent.
Le secrétaire général de la Front Polisario, Brahim Ghali, a reçu ce mercredi la visite du président algérien, Abdelmayid Tébune, à l’hôpital militaire de Alger où il reste admis après avoir été évacué à l’aube de Espagne, ce qui a permis de le voir conscient et parlant après s’être remis d’une image critique de Covid-19.
L’ambassadeur sahraoui à Alger, Abdelkader Taleb Omar, a confirmé à l’agence officielle algérienne, APS, que Ghali est arrivé dans le pays d’Afrique du Nord vers 3h00 du matin (heure locale). Il a expliqué que son état « s’améliore constamment », mais pour le moment il est toujours en convalescence.
Ghali reste admis au Hôpital Central de l’Armée d’Ain El Naaja, où ce mercredi il a reçu devant les caméras la visite de Tebune et du chef d’état-major général de la Armée populaire nationale l’Argélie, Dit Chanegriha, avec qui le leader du Polisario échange quelques mots. Ce sont ses premières images depuis qu’il s’est précipité à Espagne et admis dans un hôpital Réussite mi-avril.
Une sortie déroutante
Le départ d’Espagne à l’aube ce mercredi du leader du Front Polisario a été écrasé et très confus car précédé de grands silences institutionnels. Brahim Ghali est rentré en Algérie après une journée mouvementée au cours de laquelle un premier vol a été manqué mardi pour le ramener dans son pays.
Dans la matinée, il avait témoigné devant le juge Santiago Pédraz et le plan était un retour immédiat en Algérie après que le magistrat n’ait pas imposé de mesures conservatoires. Le retour n’a été possible qu’à la deuxième tentative, seize heures après que l’avion arrangé par le gouvernement de son pays pour le récupérer ait dû faire demi-tour en plein vol à la hauteur de Formentera. C’était un avion d’État et, par conséquent, devrait être régi par un protocole diplomatique même s’il traversait l’espace aérien civil.
L’avion, un Gulfstream 2000 immatriculé 7T-VPM avec des capacités médicalisées, a décollé de Boufarick mardi matin à 9h36 à destination de l’aéroport de Réussite, ville où Ghali a été hospitalisé. Il avait un plan de vol autorisé détaillant la route et le nombre d’occupants. En principe, tout était en ordre.
Le plan était d’attendre que Pedraz se prononce sur l’avenir judiciaire immédiat du leader historique sahraoui afin – s’il était libéré, comme cela s’est produit – de le renvoyer en Algérie. Cependant, un obstacle de dernière minute a empêché le vol d’atteindre sa destination. L’aéroport de Riojan, selon des sources gouvernementales, a remarqué un obstacle technique – il a dit qu’il n’y avait pas un nombre suffisant de pompiers, bien qu’il n’ait pas précisé la question – et a contacté le Armée de l’Air car c’était un vol diplomatique pour indiquer que l’atterrissage n’allait pas être possible. Les contrôleurs aériens militaires ont, à leur tour, contacté leurs homologues civils pour informer le commandant de bord.
L’armée est intervenue car il s’agissait d’un avion d’Etat, mais la communiquer au pilote correspond aux contrôleurs du gestionnaire de la navigation aérienne espagnole (Enaire) car le vol passe par un espace aérien civil. Une somme considérable qui s’est soldée par l’atterrissage de l’avion en Algérie à 10h27.
A cette époque, Ghali est apparu par visioconférence des réalisations de l’hôpital dans lequel il a été admis jusqu’à mardi dernier. Tout au long de la journée, la rumeur insistante selon laquelle son départ d’Espagne était imminent est devenue une certitude en fin d’après-midi. Le gouvernement algérien a fait du retour du secrétaire général du Front Polisario une question prioritaire et a passé la journée à chercher des solutions. Ils la trouvèrent à Bordeaux, dans un avionHacker 1000 de la compagnie Airlec que l’exécutif d’Areglino a fait voler. J’ai décollé de l’aéroport français à 23h41 mardi soir et suis arrivé à Pampelune à 00h15. Brahim Ghali avait quitté l’hôpital de San Pedro de Logroo à 21h30 pour l’aéroport de Navarre. L’avion a finalement décollé à 1h31 du matin et est arrivé en Algérie à 2h41 du matin.
