Albares affirme qu’avec le tour du Shara « il ne s’agit pas pour l’Espagne de gagner quelque chose »

Le ministre des Affaires étrangères préconise d’arrêter de parler de ce conflit au Congrès et de le faire à l’ONU

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José Manuel Albares, ce mercredi au Congrès.Juan-Carlos HidalgoEFE
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Les groupes parlementaires, profondément agacés par le changement radical décidé en catimini par Pedro Sánchez par rapport au Sahara Occidental, n’ont pas voulu attendre l’apparition que cet après-midi le ministre des Affaires étrangères justifiera dans le Congrès et ils l’ont exhorté à anticiper les disputes lors de la séance de contrôle. Ils n’ont guère obtenu autre chose que le fait que José Manuel Albares a insisté pour que le gouvernement reste fidèle à la légalité internationale contenue dans les résolutions de la ONU et a admis que « ce n’est pas ça Espagne gagner quelque chose ou pas » avec le pacte avec Rabatmais de passer du statut de « spectateur » face à un conflit qui dure depuis 47 ans, à celui d’« acteur » de celui-ci.

Le ministre des affaires étrangères aime à faire référence à ses nombreux voyages et rencontres, dont le dernier avec l’envoyé spécial des Nations unies pour le Sahara occidental, Staffan Mistura et avec cela il a essayé de faire taire les critiques des partis de la Chambre. Cependant, à cette occasion, il n’a pu se référer à aucun contact antérieur avec Algérie pour vous informer du changement de poste de Madrid.

Albares a évité de préciser, comme on lui a demandé, s’il avait informé Alger de la dérive espagnole et a même demandé aux groupes politiques « d’arrêter de parler ici [en el Congreso] de cette affaire et procéder à le faire à l’ONU ».

Pour le PP, la politique étrangère du gouvernement se résume en une seule phrase : « Improviser, rectifier, tromper et blâmer quelqu’un d’autre ».

EH Bildu a également exigé des explications sur le changement de position « tout à l’heure ». À cela, le ministre des Affaires étrangères a répondu en insistant sur le fait que la position de l’Espagne est conforme à la résolution 2602 de l’ONU. Mais la vérité est que ce texte dans son quatrième point exhorte les Etats à encourager et rechercher des solutions qui envisagent « l’autodétermination » du peuple sahraoui, une approche à laquelle l’Espagne tourne désormais définitivement le dos.

Il a également tenté de profiter du soutien que l’ancien président José Luis Rodríguez Zapatero a apporté à la tournure de la politique étrangère espagnole. Zapatero a assuré que la position de l’Espagne n’avait pas changé par rapport à ce qu’il soutenait, mais ce n’est pas vrai non plus. Lui et Mariano Rajoy ont par la suite salué la proposition d’autonomie du Shara conçue par Rabat en 2007, comme une initiative sérieuse et crédible, mais ils ne l’ont jamais décrite comme « la plus » dans une lettre adressée directement au roi de Maroc.