Le Congrès approuve définitivement que les animaux cessent d’être légalement des « choses »

L’assemblée plénière a approuvé ce jeudi le projet de loi visant à doter les animaux d’un statut juridique différent des biens matériels

Un homme promène son chien dans le centre de Madrid.
Un homme promène son chien dans le centre de Madrid.Javi Martinez
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L’Assemblée plénière du Congrès des députés a définitivement approuvé ce jeudi un projet de loi modifiant le Code civil, la Loi hypothécaire et le Code de procédure civile pour doter les animaux d’un statut juridique différent de celui des biens matériels et qu’ils sont considérés comme des « êtres vivants doués de sensibilité » et non comme des choses.

La Chambre basse a donné son feu vert à tous les amendements du Sénat sauf un, revenant au texte initial du Congrès que le juge peut approuver accords de divorce, nullité ou séparation sauf si elles sont « nuisibles aux enfants, gravement préjudiciables à l’un des conjoints ou gravement préjudiciables au bien-être des animaux de compagnie ».

La norme réglemente la garde partagée des animaux de compagnie en cas de divorce ou de séparation et stipule que les animaux de compagnie ne doit pas être saisi ou hypothéqué, qu’elles ne soient pas abandonnées, qu’elles ne subissent pas de souffrance ou de douleur, qu’elles ne soient pas utilisées comme un outil de violence de genre et qu’elles puissent être éliminées par volonté.

Cette triple réforme juridique est contenue dans un projet de loi présenté par le PSOE (au départ il portait également la signature de United We Can-En Com Podem-En Marea, mais cette formation a par la suite retiré son co-auteur).

Cette initiative hérite d’autres propositions de la dernière législature, en particulier une proposition non législative présentée par Ciudadanos et une proposition de loi PP (toutes deux approuvées à l’unanimité), mais celle-ci a décliné dans la phase de présentation de la Commission de justice après environ un an de travail car les Cortes Generales ont été dissoutes avec la convocation d’élections législatives anticipées.

Cependant, l’origine est dans une initiative législative populaire promue en 2015 par l’Observatoire de la justice et de la défense animales, qui a collecté plus de 500 000 signatures pour que les animaux cessent d’être des choses dans le Code civil pour être considérés comme des êtres sensibles.

La proposition de ‘désobjectivation« d’animaux s’ajoute aux modifications législatives approuvées dans d’autres pays ou territoires d’Europe (Autriche en 1986, Allemagne en 1990, Suisse en 2003, Belgique en 2009, France en 2015 et Portugal en 2017, ainsi que Catalogne en 2006), ou qu’en dehors du continent (Canada et Nouvelle-Zélande par exemple).

PAS DE GARDE DES ENFANTS

L’une des principales nouveautés du texte dans sa première tournée du Congrès est que les juges pourront décider que les parents ne partagent pas leurs enfants avec leurs ex-concubins lorsqu’ils vont se séparer s’ils ont maltraité ou menacent de causer maltraitance des animaux comme une forme de violence indirecte ou sexiste pour contrôler ou victimiser le conjoint ou les enfants.

La justification est que la maltraitance animale peut être utilisée comme un outil de contrôle, une forme de maltraitance ou de maltraitance psychologique ou indirecte au sein de l’environnement familial, soit envers les mineurs soit envers le partenaire, ce qui doit être considéré par les juges pour accorder ou non la tutelle conjointe des enfants.

Le projet de loi introduit un nouvel article dans le Code civil qui considère que « les animaux sont des êtres vivants doué de sensibilité« et que le propriétaire doit exercer ses droits sur lui et ses devoirs de diligence en respectant cette qualité et en assurant « son bien-être selon les caractéristiques de chaque espèce ».

Les mesures adoptées par le juge en cas de divorce, d’annulation ou de séparation peuvent être modifiées judiciairement ou par une nouvelle convention lorsque cela est conseillé non seulement par les besoins des enfants ou le changement de la situation des époux, mais aussi « la nouvelle besoins des animaux de compagnie ».

En outre, l’autorité judiciaire peut convenir de la part des conjoints dans les frais de subsistance et les soins de l’animal, et décider du sort de ce dernier s’il n’y a pas d’accord entre les membres de l’ex-conjoint, en tenant compte de l’intérêt du couple séparé et du bien-être de l’animal, et pouvant prévoir la répartition des moments de jouissance et de soins de l’animal si nécessaire.

Le texte souligne que quiconque retrouve un animal égaré doit le remettre à son propriétaire ou à celui qui en est responsable, sauf s’il existe des indices fondés de mauvais traitements ou d’abandon, lorsqu’il est porté à la connaissance des autorités compétentes. Si vous le remettez au propriétaire ou à la personne responsable de ses soins, vous pouvez réclamer les frais de traitement et de soins.

La modification de la loi sur les hypothèques fait référence au fait que les animaux d’élevage, de fermes industrielles ou de loisirs ne sera pas inclus dans les hypothèques, et la réforme du Code de procédure civile mentionne le fait que les animaux de compagnie ne sont pas responsables des manquements.

En résumé, le texte permet aux animaux d’être considérés comme des êtres sensibles et non des choses, la garde partagée en cas de séparation ou de divorce, que les animaux ne soient pas hypothéqués ou saisis et qu’ils ne soient pas utilisés comme outil de violence de genre ou par procuration pour contrôler ou victimiser les femmes et les enfants.