L’Algérie décrit le changement de position de l’Espagne sur le Sahara occidental comme une « deuxième trahison historique »

Le Maroc place la position espagnole comme « la plus avancée » d’Europe et exhorte la France à abandonner son « immobilité » et à faire un pas en avant

Une école de Bir Lehl
Une école à Bir Lehl, au Sahara Occidental.Bernard ArmanguePA
  • Conflit Pedro Sánchez s’incline devant le Maroc et livre le Shara 46 ans plus tard

En l’absence d’une déclaration officielle sur le changement de position espagnole concernant le Sahara Occidental, des sources citées par la presse algérienne décrivent la déclaration du gouvernement de Pedro Sánchez comme « une deuxième trahison historique » du peuple sahraoui. Le portail numérique ‘TSA’ cite une « source algérienne proche du dossier » pour qualifier le repositionnement de « deuxième trahison historique de Madrid envers le peuple sahraoui après l’accord désastreux de 1975 », en référence au soi-disant Accord tripartite de Madrid dans lequel le gouvernement franquiste a cédé sa colonie au Maroc et à la Mauritanie.

Après avoir rappelé la crise diplomatique et migratoire entre les deux rives, un diplomate algérien souligne que « le Maroc a enfin obtenu ce qu’il voulait de l’Espagne ». Dans les médias d’Alger on parle déjà de « virage radical » et « surprise générale » bien que certains journaux se penchent sur la question.

Pendant ce temps, le Maroc célèbre comme « monument historique » le soutien du gouvernement de Pedro Sánchez pour sa proposition d’intégrer le Sahara occidental en tant que communauté autonome au sein du royaume, abandonnant la voie du référendum d’autodétermination défendue par le Front Polisario et qui a été pendant des décennies l’une des alternatives envisagées par l’ONU pour résoudre le conflit. Les médias du pays voisin consacrent leur espace à commenter le changement de position de l’Espagne et se concentrent désormais sur la France, l’exhortant à prendre une position plus décisive et à abandonner son « immobilisme ».

« Los trminos con los que este pas se ha comprometido con esta solucin sitan ahora a Espaa por encima de todos los pases europeos en el apoyo a la integridad territorial de Marruecos », considera Amine Kadiri, analista del digital ‘Le360’, prximo al palacio réel.

A tel point que depuis ce haut-parleur l’Elseo est sommé de se prononcer. « La position de l’Espagne, désormais la plus avancée d’Europe sur la marocanisation du Sahara, met également l’accent sur notre allié traditionnel, la France, qui parle encore du plan d’autonomie comme d’un socle parmi d’autres, une position qui n’a pas changé. iota depuis 2007 », note-t-il.

La clé se trouve dans l’article spécifique que Moncloa a mis devant la proposition d’autonomie, la considérant comme « la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour résoudre le différend ». Et c’est ce qui sert à exhorter le président français, Emmanuel Macron, à faire un pas en avant et arrêter de parler de l’autonomie comme « une » solution pour commencer à la considérer comme « la » solution.

« Partenaire historique, supposé le plus avancé avec le Maroc, la France est néanmoins satisfaite de son immobilisme par rapport à l’intégrité du royaume. En restant immobile, la France semble assez passive par rapport à l’Allemagne et à l’Espagne », déclare l’article précité.

« L’évolution de l’Espagne sur cette question est aussi importante que la reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc sur la chara. L’Espagne est l’acteur historique du dossier et le bastion du Polisario, c’est aussi la référence pour l’Amérique latine et de nombreux autres pays sur la question de la Shara », commente une source diplomatique marocaine dans le média numérique.

Le Maroc n’a pas caché sa frustration lorsque la France n’a pas donné suite au tweet dans lequel le président américain de l’époque, Donald Trump, reconnaissait unilatéralement la souveraineté du Maroc sur l’ancienne colonie espagnole et se bornait à exprimer son soutien à une « solution politique ». , durable et accepté par les deux parties » concernant le Sahara Occidental et a estimé que le plan marocain d’autonomie était « une base de discussion sérieuse et crédible » sur laquelle travailler.

Au niveau officiel, le parti qui dirige le gouvernement à Rabat a salué « les positions positives » exprimées dans la lettre de Sánchez au monarque Mohamed VI publiée vendredi. Dans un communiqué recueilli par l’agence de presse Efe, le parti du Premier ministre Aziz Ajanuch, Regroupamiento Nacional de Independientes (RNI), a appelé à « un investissement positif dans les opportunités et la coopération stratégique » entre l’Espagne et le Maroc.

De son côté, dans un nouveau communiqué rendu public ce samedi, le Front Polisario réitère que la position exprimée par Sánchez « est absolument en contradiction avec la légalité internationale » et la qualifie de « déviation dangereuse » des principes des Nations unies.