Le détenu a utilisé de la colle et du mastic pour restaurer des pièces qui ont plus de 100 000 ans d’histoire
La Police Nationale a récupéré dans la province de Cérès quelque 12 000 objets archéologiques de grande valeur historique qui ont été pillés par un archéologue qui a été arrêté à son domicile, où les pièces ont été retrouvées, pour des crimes présumés contre le patrimoine historique et détournement.
L’homme en question est diplômé en Géographie et Histoire, a participé à des prospections archéologiques et a réussi à restaurer une pièce de valeur en utilisant du mastic blanc et de la colle de manière inappropriée.
Les pièces intervenues, qui appartiennent à un arc chronologique qui couvre plus de 100 000 ans d’histoire de la péninsule ibérique, ont un « grand intérêt scientifique et une grande valeur économique », selon l’enquête.
Parmi les objets figurent un fragment d’ardoise wisigothique de la fin du VIIe siècle, une biface (outil préhistorique en pierre servant à couper, gratter et perforer d’autres matériaux), un ensemble d’instruments chirurgicaux d’époque romaine, une navire daté entre 2200-1500 avant JC et un revolver historique de type Lefaucheaux.
Des restes de céramique, des pièces d’instruments médicaux de la culture romaine, des milliers de pièces de monnaie de différentes époques et cultures, des pièces de l’industrie de la pierre et des lames d’armes romaines ont également été récupérés.
L’enquête débuta lorsque les agents apprirent qu’une personne était en possession d’un nombre considérable d’ardoises d’origine wisigothique pour l’écriture, le dessin et les chiffres. La particularité de ces ardoises est qu’elles étaient des matériaux d’origine et qu’elles appartenaient à une époque dont peu de références écrites sont conservées.
Après divers efforts, les agents ont réussi à identifier et à localiser cette personne dans une ville de Cceres. De même, il a été constaté que le détenu avait même publié un article dans des revues spécialisées. De plus, il était en possession d’un grand nombre d’autres objets archéologiques, notamment des pièces de monnaie.
Dans le but de récupérer les ardoises et le reste des pièces archéologiques du pillage, des agents spécialisés en Patrimoine Historique ont effectué une perquisition à l’adresse de l’enquêté.
Un tableau noir wisigoth
Outre la valeur économique, parmi les pièces récupérées, il y en a certaines « d’un intérêt scientifique et historique extrême », selon l’enquête, qui est cependant diminuée par la perte du contexte archéologique.
Une ardoise wisigothique aux tons rougeâtres se distingue qui, mesurant 20,5 sur 9,8 centimètres, est un document exceptionnel. Dès la fin du VIIe ou le début du VIIIe siècle, le texte est rendu en cursive romaine dans un latin tardo-antique truffé de contractions et d’erreurs de son temps. Sa traduction rend compte du vol de sept chèvres subi par une femme nommée Terentia, mais, comme il s’agit d’un fragment, il n’y a que des preuves du fait.
De même, il existe un vase en forme de cloche qui, daté entre 2200 et 1500 av. J.-C., se caractérise par sa forme en forme de cloche et son décor incisé. Provenant du pillage, le verre a fait l’objet d’une restauration irrégulière par le détenu grâce à l’utilisation de matériaux inappropriés tels que du mastic blanc et de la colle.
Entre autres objets récupérés, une petite boîte contenant sept instruments chirurgicaux de l’époque romaine et un biface, connu sous le nom de « couteau suisse » de l’Acheuléen. La Police a également saisi un sceau sépharade du XIVe siècle -avec un texte en hébreu et avec la représentation figurative du flanqué de deux oiseaux-, un revolver historique de type Lefacheaux ou un os sculpté pouvant représenter une sagaie préhistorique, une sorte d’arme .de bois primitif et léger caractéristique du Paléolithique supérieur européen.

