La direction du PP appelle à l’ordre et à la lutte entre Pablo Casado et Daz Ayuso

Le secrétaire général du parti demande « de ne pas perdre une minute de plus » sur ce dossier pour ne pas torpiller le travail de l’opposition

Pablo Casado et le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis.
Pablo Casado (à droite) et Kyriakos Mitsotakis, à Athènes.TAREK

Le combat entre Pablo Casado et Isabel Daz Ayuso est devenu une boucle qui a piégé le PP. Eh bien, malgré les efforts pour s’en sortir, la réalité est qu’il éclipse une partie importante de son travail d’opposition et de ses messages politiques pour se projeter comme l’alternative au gouvernement.

Cette situation commence à se remplir à Gênes, comme en témoigne le rappel à l’ordre du secrétaire général du parti, Teodoro García Egea, qui a exigé ce jeudi que cette affaire n’occupe « pas une minute de plus du temps des militants ou du public positions du PP ».

C’est une nouvelle tentative par le dôme populaire régler la crise une fois pour toutes et pour qu’elle cesse de les persécuter et de contaminer tout acte des principaux dirigeants. Surtout de ses grands protagonistes.

Ce jeudi, toutes les questions sauf une à numéro deux du PP s’est penché sur cette question lors d’une conférence de presse à Algemes (Valence), malgré les efforts qu’il a déployés pour poster des messages sur d’autres types de questions.

Les retrouvailles

L’appel de Garca Egea intervient un jour après les retrouvailles publiques tant attendues entre Casado et Ayuso, après 40 jours sans se voir. Ceci, à la perplexité de certains des participants, a atteint un niveau plus typique d’un spectacle en raison du climat médiatique qui a entouré la présentation du livre de Mariano Rajoy, qui a été complètement éclipsée. Tous les yeux étaient rivés sur les deux et sur les gestes froids qu’ils laissaient et qui dénotaient leur éloignement actuel.

Pris la photo ensemble, depuis Gênes, il espère que les eaux reprendront leur cours et que tout se calmera. Dès le jour des retrouvailles, des sources patronales insistent pour qualifier cette situation de « normalité absolue ».

Les circonstances ont amené les deux hommes à se revoir très bientôt. Le 6 décembre, ils assisteront en tant que chef de l’opposition et président de la Communauté de Madrid à la commémoration du 43e anniversaire de la Constitution qui se tiendra en dehors du Congrès des députés. Ce sera une nouvelle occasion où ils pourront se saluer, parler face à face et réduire la tension.

Les raisons du conflit demeurent et la direction du PP ne changera aucun calendrier pour faire avancer le congrès du parti dans la Communauté de Madrid. Le message est toujours le même : être convoqué quand ça touche, tout au long du premier semestre 2022.

L’appel d’Ivarez de Toledo

L’autre front que le PP a ouvert et qui détourne son attention est celui représenté par Cayetana Álvarez de Toledo. Ce dernier est en raison de l’appel à l’unité du constitutionnalisme catalan qu’il a lancé mardi à Barcelone, pour se regrouper et être une alternative au nationalisme. Sa proposition a reçu le soutien des principales entités anti-indépendantistes, mais pas le PP et Ciudadanos.

La direction du PP catalan pointe sa coïncidence avec l’idée de regrouper les forces, mais tant qu’elles sont autour d’elles. C’est-à-dire que les dirigeants et militants des Cs qui souhaitent ainsi rejoindre le PP, suivant les traces de l’ancien député OrangeLorraine Roldn. En aucun cas, rappelle le secrétaire général du PPC, Santi Rodriguez, en diluant les acronymes du populaire dans un autre projet ou plateforme culturelle.

De son côté, Cs rappelle qu’ils ont été les premiers à demander, avant les dernières élections catalanes, l’union des constitutionnalistes, et que ce sont le PP et le PSC qui ont fait avorter tout type de collaboration. « La proposition de Cayetana est intéressante, mais ce n’est pas le PP, donc ça ne semble pas très viable », explique le porte-parole des Cs, Nacho Martn Blanco.