Lors de sa visite en Roumanie, Pedro Sánchez a préconisé de renforcer les capacités militaires de l’UE, d’intensifier sa complémentarité avec l’OTAN et d’insister la semaine prochaine au Conseil européen pour obtenir le découplage du prix du gaz de l’électricité, atténuant ainsi l’impact de la spirale haussière exorbitante de l’économie des 27. Ce sont ces objectifs dans lesquels l’Espagne et la Roumanie vont de pair.
Le président du gouvernement, accompagné du président roumain Klaus Werner Iohannis, a mis l’accent sur la tentative de Vladimir Poutine d' »affaiblir l’UE », un effort qui, selon lui, remonte « à de nombreuses années » car il considère qu’une « menace » la consolidation d’un projet de liberté comme celui de l’Union européenne.
« L’erreur de Poutine », a déclaré le président, « c’est de penser que nous agirions séparément et cela a été tout le contraire : il y a eu unité et unanimité pour condamner l’invasion, autour de la solidarité avec le peuple ukrainien avec fourniture de matériel offensif et défensif et l’aide humanitaire et aussi autour des sanctions économiques contre le régime de Poutine et ses oligarques ». Dans la lignée de cette réflexion, Sánchez a annoncé le transfert imminent vers l’Espagne d’un millier de réfugiés ukrainiens qui se trouvent actuellement en Moldavie.
« L’Europe est désormais plus unie », a-t-il assuré, mais l’UE doit « renforcer ses capacités dans le domaine de la défense et de la politique étrangère » tout en favorisant « la complémentarité avec l’Otan ». Il a également appelé l’UE à adopter « de toute urgence » un nouveau modèle énergétique qui inclut le découplage du prix du gaz de celui de l’électricité. Madrid et Bucarest se sont engagés à faire pression la semaine prochaine au Conseil européen pour que ces propositions aboutissent.
Pour sa part, le président roumain a souligné les profondes implications de la guerre en Ukraine pour la sécurité et l’économie européennes. Comme l’Espagne, la Roumanie s’est engagée à éliminer la dépendance énergétique de la Russie. Madrid et Bucarest coïncident dans la promotion de l’interconnexion énergétique entre les États membres et la capacité de stockage. Ce sont des plans qu’il faut promouvoir au plus vite et qui seront présentés au Conseil européen de la semaine prochaine. Pour la Roumanie, il est important que la garantie d’approvisionnement énergétique atteigne également l’Ukraine et la Moldavie.
