Le président du PP veut dire adieu au Conseil national d’administration, mais le pouvoir territorial l’exhorte à couper les « saignements »
Pablo Casado affronte ses derniers instants à la tête du PP. Qu’il s’agisse d’heures ou de jours dépend de lui et des barons. La rencontre avec les dirigeants territoriaux ce soir, à 20 heures, semble cruciale pour régler le quand, pas le quoi. Car, après l’épitaphe parlementaire de Casado, il y a de plus en plus de voix populaire qui exigent une sortie honorable et pour les filières bio.
Et, bien qu’une bonne partie des barons veuillent qu’il annonce sa démission, des sources de l’entourage de Casado assurent qu’il veut le faire dans son discours à la Conseil d’administration national. Parce que c’est naturel et que les barons n’ont pas besoin de « se moquer » de leur fin.
« Pourquoi devez-vous annoncer votre démission aujourd’hui et non dans le discours du Conseil national d’administration, c’est là que vous devriez le faire ? », s’interrogent-ils, conscients qu’il n’y a « aucun doute » qu’il va démissionner . Et puisque c’est clair, « mieux au conseil d’administration ».
Mais parmi les barons, il y a une division d’opinion, au sein de laquelle tout le monde s’accorde pour que Casado se retire. La plupart des dirigeants régionaux consultés estiment qu’ils devraient dire aux présidents aujourd’hui que leur fin est venue. Qu’il le verbalise pour arrêter « l’hémorragie », et qu’il le rende effectif mardi. « Les formes sont fondamentales ; ça mérite d’aller bien : quoi de moins ! », insistent-ils sur leur entourage.
« Aujourd’hui il doit démissionner, tout le reste est un enfer inutile pour lui » synthétise l’un des cinq barons au pouvoir. « Vous pouvez le faire avant huit heures ou nous le faire savoir lors de la réunion », abandonne-t-il. « Et il sera déjà d’accord sur son rôle pendant ces jours jusqu’au congrès ; il n’a pas d’autre issue », ajoute-t-il.
« Le ralenti est une erreur »
« Prolonger le spectacle est une erreur », déplore un autre président. Un autre des barons les plus vétérans pose ce diagnostic : « Je comprends qu’aujourd’hui je devrais dire qu’il part. La première chose, pour lui. Sa situation doit être un tourment intérieur. C’est ainsi que je le vois. une erreur. »
Mais tous les présidents régionaux du PP qui vont rencontrer cet après-midi Casado ne pensent pas qu’il doive annoncer brusquement ses adieux. « Je pense qu’il faut l’écouter. Pas seulement pour l’humanité, mais pour la justice. Quoi de moins que de l’écouter », explique l’un des barons les plus pertinents.
« Après la démission de Teo, une option est qu’aujourd’hui le peloton soit moins affamé et que la ‘sortie digne’ triomphe un peu plus sur la base de l’image du parti », explique un dirigeant du PP valencien.
« Il y a déjà eu trop de démissions », concèdent-ils dans le Conseil d’Andalousie. « Tout cela aurait dû se terminer il y a quelques jours. Nous devons aider le président Casado en ce moment. Une chose est qu’il n’est pas le meilleur pari pour l’avenir compte tenu de la rupture émotionnelle qui existe avec le militantisme et une autre est qu’il n’est pas un camarade du parti à ceux que nous respectons et que nous allons aider sur ce chemin », soulignent-ils dans le PP de Galice.
