Feijo place Vox comme « extrême droite » mais donne aux barons du PP la liberté de s’entendre s’il n’y a pas d’alternative

Les barons « populaires » pourront s’entendre avec Vox en dernier recours mais en privilégiant les accords programmatiques

Albert N .
Alberto Nez Feijo, ce mercredi, à Santiago.PE
  • Le candidat Feijo franchit le pas dans le PP : « Je ressens l’obligation institutionnelle et morale de me mettre à la disposition de mon parti et de mon pays »
  • La crise Pons demande à Casado et Egea de rester dans le PP et qualifie Vox « d’extrême droite »

Les 30 jours restants pour l’arrivée d’Alberto Nez Feijo au septième étage de Gnova, 13 lui serviront à éclaircir certaines des inconnues avec lesquelles il descend à Madrid depuis la Galice. L’un des plus importants était de savoir comment gérer la relation avec Vox, un parti qui n’a aucune représentation dans la communauté galicienne, mais qui sur la scène nationale est tout à fait incontournable pour le PP. Surtout, avec une négociation ouverte en Castille-et-León, dans laquelle les chiffres ne donnent qu’avec Vox ou avec le PSOE, qui refuse catégoriquement d’être d’accord avec Alfonso Fernndez Maueco.

Jusqu’à présent, Feijo a été très dur avec la formation de Santiago Abascal, et il compte bien continuer à l’être. En fait, le nouveau PP l’appelle déjà « extrême droite », sans ambiguïté. Mais cet affrontement se conjuguera, selon les plans que le dirigeant galicien a transmis aux barons du PP consultés par EL MUNDO, à un pragmatisme « serein ».

Et qu’est ce que ca veut dire? Que Feijo donnera une « liberté totale » aux barons sur leurs territoires, selon les mêmes sources. Ils pourront s’entendre avec Vox s’il n’y a pas d’autre choix, mais toujours en dernier recours et en privilégiant les accords programmatiques sur la répartition des places. Aussi avec le PSOE, un parti que Feijo veut « gagner » et non « insulter ».

C’est une tentative de changer le pas par rapport aux deux dernières années de Pablo Casado, dans lesquelles il y avait une plainte générale des présidents régionaux du PP à Gênes pour le contrôle des appareils provinciaux et pour les listes régionales. « La direction nationale sera moins envahissante », résume un baron. C’est l’une des principales conclusions auxquelles sont parvenus ceux qui ont partagé leurs impressions avec Feijo ces derniers jours.

Les lignes rouges

Face à Vox -qui veut en finir avec l’Espagne des autonomes-, Feijo va promouvoir le profil autonome. C’est ce qu’il a souligné ce mercredi : « Je crois en une Espagne unie dans laquelle les communautés autonomes inscrites dans notre Constitution ne sont pas une menace, mais plutôt une opportunité d’enrichir et de renforcer ce qu’est notre nation, l’Espagne. »

Les lignes rouges que le PP veut le plus marquer sont celles qui l’éloignent le plus de Vox : la défense de l’UE, l’immigration, la lutte contre les violences de genre, le changement climatique ou encore la mémoire historique. En plus de souligner le profil managérial de Feijo face à une partie inexpérimentée.

Ce que veut le PP, c’est mieux définir ses différences avec celles d’Abascal. Tu l’as verbalisé comme ça, ce mercredi, Esteban González Ponsprésident du comité d’organisation du congrès extraordinaire du PP : « Il y a en Espagne une offre de l’extrême droite, une autre socialiste et une autre du centre-droit ; nous n’avons besoin de regarder personne pour nous définir ».

Mais, oui, Pons n’a pas fermé non plus – lors d’une intervention en Télécinco– la porte aux accords avec la formation d’Abascal : « Dans cette vie il faut faire des exercices complexes pour donner de la gouvernabilité. »

En Castille et Leon

Cette vision pragmatique est partagée à la fois par Feijo et Maueco, bien que ce dernier veuille « gouverner seul » et ne cherche qu’un accord avec Vox dans le programme gouvernemental. Il arrive que ceux d’Abascal ne soient pas conformes, alors le PP s’apprête déjà à laisser des poils à la chatterie.

Selon des sources de la Junta de Castilla y León, Maueco veut reprendre les négociations cette semaine avec Juan García-Gallardo, leader de Vox dans sa communauté, bien qu’avec les lignes rouges les plus claires : « Seulement ce qui est comparable à notre programme ».