L’anti-corruption ouvre une enquête sur le contrat de masque dont bénéficiait le frère d’Ayuso

Il met en avant le « manque de spécificité » des plaintes, mais estime nécessaire de clarifier les faits dénoncés, en tenant compte de leur « signification sociale »

La présidente de la Communauté de Madrid, Isabel D.
La présidente de la Communauté de Madrid, Isabel Daz Ayuso.JJGuillnEFE

La Procureur anticorruption a ouvert une procédure pour enquêter sur le contrat de vente de masques à la Communauté de Madrid dont bénéficiait le frère de la présidente Isabel Daz Ayuso, comme l’ont confirmé mardi des sources fiscales. La décision intervient après que le bureau du procureur spécialisé a reçu la semaine dernière trois plaintes de Mme Madrid, des socialistes de Madrid et de United We Can.

Selon le décret signé par le procureur général anticorruption, Alexandre Luzondans les trois plaintes « aucune accusation spécifique n’est formulée », mais « des réserves claires sont exprimées quant à la légalité de la sentence et au rôle que le frère du président de la Communauté de Madrid y aurait joué ».

Malgré ce « manque de précision », le procureur général estime qu' »il convient de mener certaines procédures qui, sans viser initialement des personnes physiques ou morales, permettent de confirmer ou d’infirmer la portée pénale des faits dénoncés ». Le Parquet ne précise pas dans quels délits éventuels les faits dénoncés s’inscrivent ; rappelons juste que les plaintes citent trafic d’influence, détournements de fonds, tergiversations et négociations interdites avec des fonctionnaires.

La décision d’ouvrir une enquête a été prise directement par Luzon. Enfin, la question n’a pas été discutée avec le bureau du procureur général de l’État, qui a seulement été informé de la décision. Ce lundi, deux associations de procureurs avaient demandé au procureur général de l’Etat de ne pas intervenir dans l’affaire, Dolorès Delgadocompte tenu de l’éventuelle importance politique de l’enquête et de la participation antérieure de Delgado au gouvernement de Pedro Sánchez.

Étant donné que la présidente de la Communauté de Madrid est certifiée devant la Cour suprême, ce devrait être le parquet de cette cour qui se chargerait d’une enquête qui la concernerait. À cet égard, Anti-Corruption explique que les plaintes « sont basées sur une séquence d’événements qui, à l’heure actuelle, ne permettent pas une saisine du parquet de la Cour suprême ».

La raison en est que ces faits rapportés dans les plaintes « ne constituent pas », comme l’exige le Parquet dans ces affaires, « des indices raisonnablement plausibles de la réalisation du fait instruit, de sa nature pénale et de la responsabilité dans celui-ci du personne évaluée ».

« Transcendance sociale »

La lettre indique qu’il est « impératif » d’ouvrir une procédure après avoir reçu des nouvelles d’un possible crime. A cela il ajoute que le Parquet prend également en compte « la portée sociale incontestable du contexte dans lequel se déroulent les événements décrits dans les plaintes, qui font référence à l’achat sans doute nécessaire et urgent de masques à un moment particulièrement difficile pour la population ». de Madrid.

Comme on pouvait s’y attendre, l’enquête commencera par réclamer la documentation relative à l’attribution du contrat, les paiements qu’il a générés et son traitement fiscal. Avec ce matériel déjà étudié, il serait temps de prendre une déclaration de Toms Daz Ayuso et le responsable de l’entreprise Privé Sportifqui était celui qui contractait avec la communauté et payait le frère.

Hormis les documents qui pourront être réclamés dans les prochains jours, Anticorruption a déjà de la matière à étudier. Lundi, la communauté de Madrid lui a envoyé une abondante documentation, que le Parquet répertorie : offre avec documentation des caractéristiques techniques du produit ; bons de livraison, facture et certificat de conformité de ceux-ci ; document comptable ADOK approuvé et diligence de prise en compte de celui-ci ; Rapport justificatif pour l’acquisition centralisée de matériel de protection, masques, pour le pavillon 10 de l’IFEMA du Service de Santé de Madrid ; Annexe à la Mémoire ; bon de commande du 1er avril 2020 ; pièce comptable RC (rétention de crédit); diligence de prise en compte du document RC ; résolution du 1er avril 2020 du sous-ministre de l’Assistance à la santé et résolution du 14 mai 2020 du même sous-ministre, corrigeant des erreurs matérielles dans la résolution précédente ; certificat du secrétaire général du Conseil des gouverneurs daté du 20 mai 2020. Et, enfin, un rapport sur l’affaire daté de vendredi dernier et signé par Fabio Pascua, sous-ministre des Affaires juridiques et secrétaire général du Conseil des gouverneurs.