La Cour nationale revient pour renverser le troisième degré accordé par Marlaska à un autre prisonnier de l’ETA

Le tribunal écoute les arguments du procureur lorsqu’il considère que le repentir de Jon Crespo Ortega est utilitaire

Marlaska (à gauche), ce jeudi, lors d'un événement à Madrid.
Marlaska (à gauche), ce jeudi, lors d’un événement à Madrid.EFE

Après avoir révélé un rapport de la Garde civile sur les contacts entre le ministère de l’Intérieur et l’environnement de l’ETA qui représente les prisonniers, le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a reçu un nouveau coup dur dans sa gestion pénitentiaire avec les prisonniers de l’ETA de son ancienne maison, l’Audiencia Nacional.

Pour la deuxième fois, ce tribunal a renversé un troisième degré accordé par le Secrétariat général des établissements pénitentiaires, dirigé par Ange Luis Ortizl’un des hauts fonctionnaires de l’Intérieur que le rapport de la Garde civile met au pilori pour les contacts avec l’environnement ETA.

La Haute Cour a une nouvelle fois révoqué l’octroi de cette prestation pénitentiaire qui était accordée directement par le ministère de l’Intérieur. Dans les deux affaires, la Cour s’interroge sur le repentir exprimé par les terroristes et cautionne les moyens présentés par le procureur. Charles Bautista.

Plus précisément, au fur et à mesure que le journal avance abertzalenez citant Etxeratl’ETA Jon Crespo OrtegaCondamné à plus de 25 ans, il devra de nouveau retourner en prison. L’octroi du troisième degré à Crespo a été annoncé le 29 septembre 2021. Le détenu a été approché de la prison d’El Dueso (Cantabrie) à la prison de Basauri, et a accepté d’aller au troisième degré, ce qui signifiait qu’il pouvait quitter la prison . .

Crespo Ortega était sans abri en troisième année depuis quatre mois. Maintenant, après la décision du tribunal, il doit retourner en prison. La Haute Cour nationale n’a pas encore résolu trois autres appels déposés par le bureau du procureur contre autant de membres de l’ETA au troisième degré avec les mêmes doutes quant à leur repentance.

Le cas d’Unai Fano

Le 4 octobre, la chambre criminelle de l’Audiencia Nacional a également révoqué le troisième degré d’un autre terroriste, Unaï Fanopour des raisons similaires. Il a jugé « prématurée et inappropriée » la progression au troisième degré accordée par les Institutions pénitentiaires à Unai Fano, doutant que son repentir n’ait pas un « but utilitaire » pour obtenir des avantages et compte tenu de sa « tendance » à minimiser les crimes.

Elle l’a fait parce que le Procureur de la République considérait le passage au troisième degré comme « incompatible » avec la « nécessaire réalisation des finalités rétributives et la prévention générale et spéciale de la peine » et parce qu’il considérait que « la simple manifestation d’un engagement au respect de la loi Channels » faite par Fano était « insuffisante » pour une personne reconnue coupable d’infractions de terrorisme.

Fano, qui purge une peine de 20 ans à la prison de Bilbao pour des crimes tels que l’appartenance à une organisation terroriste, a obtenu le troisième degré en janvier de cette année. Cette décision a fait l’objet d’un recours du Parquet, tant devant la Cour de surveillance pénitentiaire que devant la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance.

Les arguments de la chambre

Le tribunal discute de la portée que les établissements pénitentiaires ont donnée au mémoire que Fano a présenté au tribunal après avoir obtenu le troisième degré et dans lequel il ne voit aucune différence avec ceux des autres détenus de l’ETA, qui ont un caractère « générique et superficiel ». , lien « la commission de crimes terroristes dans le domaine de ce qu’on appelle la lutte politique » et dans laquelle « un but utilitaire visant à obtenir des permis ou des avantages pénitentiaires ne peut être exclu ».

Par ailleurs, la Chambre constate dans son mémoire « une tendance à minimiser » ses crimes, soulignant qu’ils ont été commis en France et qu’il n’y a pas eu de victimes, circonstance qui, souligne la cour, « n’exclut pas » sa gravité, et rappelle que c’est l’action de la police qui a empêché que les explosifs et armes saisis sur lui en France soient utilisés à des fins terroristes.

Le tribunal n’y voit pas de « repentir exprimé » et souligne qu’il se borne simplement à se reconnaître « en tant que parti » et à encadrer la violence dans la lutte politique.